De viris
§ G5. — AUTRES ADVERSAIRES DE l'àRIANISME 287
Orient et ne put regagner son siège que sous Pempereur Julien (361-363). Déjà, pendant son exil (1), mais plus encore après son retour, l'intraitable Lucifer se brouilla avec ses propres amis et alliés. La ville d'Antioche, en Syrie, avait déjà deux évêques, dont un, Mélèce, catholique. Lucifer, qui se trouvait dans le pays, en ordonna un troisième, Paulin, ce qui ne fit qu'augmenter la confusion. 11 ne sut nullement apprécier la clémence avec laquelle le synode d'Alexandrie de Tan 362 facilitait aux Ariens repentants le retour à l'Eglise ; il alla, somble-til, jusqu'à la rupture formelle avec les défenseurs et les partisans du synode. Il donna du moins son nom à ceux qui, après lui (-{• 370 ou 371), persistèrent à exclure les Ariens convertis de toute fonction ecclésiastique. Ce schisme luciférien fut heureusement de courte durée.
Durant son exil (356-361), Lucifer adressa à l'empereur Constance toute une série de lettres, probablement dans l'ordre suivant. La première, De non conveniendo cum hœreticis (2) : les orthodoxes doivent fuir tout commerce avec les Ariens ; ensuite De Regibus apostalis (3) : c'est bien à tort que Constance veut voir dans le bonheur de son règne un signe de la faveur divine ; à plus d'un des rois impies et idolâtres d'Israël, Dieu n'a-t-il pas également accordé une longue vie et de grands succès? La troisième, De S. Athanasio, dont le titre primitif semble avoir été Quia absentent nemo débet judicare nec damnare, en deux livres (4) : l'empereur a foulé aux pieds toute justice, en exigeant des évêques réunis à Milan la condamnation d'Athanase non entendu. Ces trois écrits donnèrent lieu à un échange de lettres entre Lucifer et le chambellan