Migke, xix
date moins ancienne. L'auteur a vécu en Gaule aux premières années du v# siècle. Son nom de Cyprien, attesté par les manuscrits, ne peut pas faire de doute. L'ouvrage semble avoir compris à l'origine tous les livres historiques de l'Ancien Testament; outre des fragments insignifiants des livres subséquents, on n'a retrouvé jusqu'ici — non sans quelques lacunes — que la paraphrase du Pentateuque et des livres de Josué et des Juges. En général, Cyprien suit fidèlement, pas à pas, le texte biblique de Yliala ; il se permet quelquefois d'abréger, de développer plus rarement. Son récit se poursuit sobre et sec ; souvent même il ne rend pas ce qu'il y a de vivant dans le récit original. Les accrocs aux lois de la métrique ne se comptent pas.
Dès 1560, G. Horel publia cent-soixante-cinq hexamètres du début de la Genèse, reproduits dans le Tertullien d'QEhler, t. II, p. 774-776 et dans le S. Cyprien de Hartel, IIIe part. p. 283-288. Cf. Supra, § 36, xi; § 37, ix. D. Martène donna en 1733 toute la Genèse, sauf les vers 325- 378 ; Arevalo reproduisit ce texte dans son édition de YHisiaria evang., et Migne, P. L., l. XIX, 345-380. Cf. Supra, i. Tout le reste est dû aux sagaces recherches de D. Pitra, Spicil. Solesm., t. I, Paris, 1852, p. W" 258 ; — Anal, sacra et clos*. Paris, 1888, I" part., p. 181-207. L'ouvrage a été l'objet d'une étude critique approfondie de la part de John Mayor. L'Hepiateuque latin, publié par morceaux successifs, par J. Morin (1560), et les Bénédict. franc. D. Martène (1733) et D. Pitra (1852-1888). lésion critique, Londres, 1889, in-8°. Cf. aussi Becker, De metris in HtPia' teuchum dissert, philologa, Bonn, 1889, in-8°. — Peiper a donné une édition complète excellente, Cypriani Galli poetœ Heptateuchos, Vienne» 1891 (t. XXIII8 du Corpus). Cf. Best, De Cypriani qux feruutur metris in Heptateuch. Marbourg, 1891, in-8#. Best partage l'ouvrage entre deux poètes : la Genèse serait de Cyprien et aurait été composée en tt*l,e vers l'an 410 ; les autres livres seraient d'un poète gaulois inconnu, do v* siècle.
III. Un anonyme. — Nous devons très probablement à un contemporain et compatriote de Cyprien deux poèmes bibliques d'une allure beaucoup plus libre, De Sodoma et De Iona. Le premier, en cent soixante-sept hexamètres, peint la ruine de Sodome ; le second, dont il ne reste que le début de cent cinq vers, racontait, comme contraste, le salut de Ninive. De Ninive serait donc le vrai titre, correspondant à celui du premier poème. Le titre traditionnel De Iona ne désigne que le livre de l'Ecriture qui a fourni le sujet chanté. Le poète joint à l'élégance de l'expression, à l'aisance de la versification, une exposition également originale et attachante.
Les éditions tant imprimées que manuscrites ont coutume de donner place à ces deux poèmes parmi les œuvres apocryphes de Teriullien et de saint Cyprien ; ainsi l'édition de Tertullien par OEhler, t. II, p. 769- 773 (Supra, § 36, xi) et celle de saint Cyprien par Harlel, 3* part., p. 289- 301 (Supra, § 37, iz). La dernière et )a meilleure édition est celle de Peiper, dans son Cypriani Galli poetx Heptateuchos, p. 212-226.
IV. Proba. — Déjà le vêtement poétique des écrits précédents était surtout tissu sur le modèle de Virgile. Proba alla plus loin : elle habilla la Bible uniquement avec des morceaux découpés dans Virgile, en un centon virgilien de six cent quatre-vingt-quatorze hexamètres (1), pris tantôt par vers entiers, tantôt par membres de vers, surtout à YEneide. De l'Ancien Testament, seuls la création, la chute et le déluge sont racontés avec quelque détail ; suit immédiatement l'histoire du Sauveur depuis sa naissance jusqu'à son Ascension. On devine sans peine