‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 244 sur 374 · C. 2 : Migxh, xxxiii · texte numérisé non relu

C. 2 : Migxh, xxxiii

hist. litt. Patr. /a/., i, 539-547. — Galland, Bibl. veter. Pair., vu, p. 475- 521, et Migne reproduisent l'édition deGaleardi, Brescia, 173:4. — Nous en avons deux éditions nouvelles, Tune par OEhler dans le Corpus hxreseologicum, t. I, Berlin, 1856, p. 1-185, l'autre par Fr. Marx, t. XXXVIII du Corpus script. Eccl. lat. Vienne, 1898, in-8°, sous le titre critiquable de Diversarum hœresum liber. Cf. Zahn, Hist. du canon du Nouveau Testament, t. II, 1, Erlangen et Leipz., 1890, p. 233-239.

Le successeur de saint Philastrius sur le siège de Brescia, Gaudentius, qui mourut, selon les uns, vers 410, selon les autres vers 427, avait formé, à la prière d'un certain Benivolus, un petit recueil de ses prédications (Migne, xx, 827-1002), contenant vingt-et-un tractatus, le dernier De vila et obitu B. Pkilastrii. Le Carmen ad laudem B. Philaslrii (1003-1006) est apocryphe. La notice sur Gaudentius dans le Manuel de palrc.iogie et de patristique de Nirscbl, n, 488-493, est particulièrement détaillée. Sur la langue de ses traités, Cf. Paucker, dans la Revue pour les Gymnases d'Autriche, t. XXXII (1881), p. 481 et suiv.

I. Sa vie. — L'Arien Auxence, combattu par saint Hilaire (i), mais appuyé sur la faveur de l'empereur Valentinien I, avait su conserver jusqu'à sa mort (374) le siège épiscopal de Milan. Lorsqu'on procéda à l'élection de son successeur, une lutté violente éclata entre catholiques et ariens. Ambroise, le nouveau consulaire d'Emilie et deLigurie, qui venait d'arriver dans la ville, parut dans l'église pour rétablir la paix. Tout à coup, comme par l'effet d'une inspiration céleste, les deux partis réunirent leurs voix sur le nom d'Ambroise lui-môme.

Fils d'une famille chrétienne très distinguée, il naquit vers 340., probablement à Trêves, où son père, également

i. Supra, § 64, ni.

nommé Ambroise, avait la charge de préfet du prétoire pour les Gaules. A la mort prématurée du père, la veuve se retira à Rome avec ses trois enfants. Se conformant aux traditions de la famille, Ambroise, le plus jeune, suivit la carrière de l'administration.

Très jeune encore, au plus tard en 374, ses remarquables talents le firent nommer consulaire, avec séjour à Milan. Lorsqu'il y fut élu évêque, il n'avait pas même reçu le baptême. Mais toutes ses résistances demeurèrent inutiles (1). Il fut baptisé, comme il l'avait demandé luimême, par un prêtre orthodoxe, probablement le 30 novembre 374, et dès le 7 décembre, ordonné évêque, on ne sait de quelle main.

Ce dut être un de ses premiers soins de combler les lacunes de son instruction théologique (2). Aidé par le prêtre Simplicien, plus tard son successeur, il étudia avec une ardeur extrême, de préférence les Pères grecs, Clément d'Alexandrie et Origène parmi les anciens, et parmi les contemporains, Basile le Grand et Didyme l'Aveugle. 11 doit avoir lu aussi et approfondi le Juif Philon, comme ses propres écrits en témoigneront.

En prenant possession de la chaire épiscopale, il renonça en faveur des indigents à ses biens, qui étaient considérables, et la charité pastorale la plus dévouée ne cessa plus de le diriger. Accessible aux petits comme aux grands sans distinction (3) — à moins que la foule même des malheureux qui l'assiégeaient ne formât une barrière

1. « Quam rosistebam ne ordinarer! postremo cum cogérer, Baltem ordinatio protelaretur ! Sed non valuit prcescriptio, prœvaluit impressio. » Ep. 63, 65 : Migxb, xvi, 1200.

2. « Factum est ut prius docere inciperem quam discere. Discendum igitur milii simiil et docendum est, quoniam uon vacavit ante discere. » De ofjlc. i, 1 : xvi, 25.

3. a Non enim vetabatur quisquam ingredi aut ci venientem nuntiari nios erat. s Aug, Conf. yi, 31 : Micro, xxxu, 720.

infranchissable (1) — , joyeux avec les joyeux et triste avec les tristes (2), il arrachait par ses propres larmes les larmes de ceux qui lui confessaient leurs fautes (3). Sa puissance comme prédicateur était grandement aidée par un rare talent oratoire. Ce n'est pas un moindre auditeur que saint Augustin lui-même, qui avoue qu'il demeurait suspendu aux discours de Tévêque, que leur douceur faisait ses délices (4).

La parole d'Ambroise était écoutée au-delà de l'enceinte de la cathédrale milanaise. Son action épiscopale fait partie intégrante de l'histoire de son temps ; car il exerça une influence prépondérante sur les princes mêmes. Le jeune empereur Gratien l'honorait et l'affectionnait comme un père. Justine, mère et tutrice de Valentinien II, voulait ramener PArianisme au pouvoir; mais tous les efforts et toutes les intrigues de la puissante et artificieuse princesse échouèrent devant l'inflexible et intrépide courage de Tévêque de Milan. Ambroise donna la preuve et la mesure de son dévouement à la famille impériale, lorsque, à la prière de cette princesse, il n'hésita pas à entreprendre, en faveur du jeune Valentinien, les plus périlleuses missions auprès du meurtrier de Gratien, l'usurpateur Maxime, qu'il alla deux fois trouver à Trêves, en 383-384 et en 386-387. Aussi, après la mort de Justine (388), Valentinien se souvint des bienfaits d'Ambroise et écouta volontiers ses conseils. Ce fut sous l'influence du grand évêque qu'il résista fermement aux démarches répétées du Sénat romain, tendant à rétablir dans la Curie l'autel de la victoire, renversé en 382 par ordre de Gra-

1. « Secludentibus... catcrvis negotiosorum hominum quorum infirmitatibus serviebat. » lbid.

Page 1