Ibid
4. « Vcrbia ejus suspendebar intentas... et delectabar suavitate sermonis * Conf. \, 13 : xxxii, 717. « Per illius os potissimum me Dominas ab errore libcravit. » Ep. 147, 23 : xxxm, 621.
tien. Le 15 mai 392, Valentinien fut tué à Vienne par Arbogaste. Déjà, sur l'appel pressant de son impérial protégé, Àmbroise accourait en Gaule, lorsqu'il reçut cette douloureuse nouvelle.
Théodose le Grand (379-395) accorda également à Ambroise son amitié et sa confiance, et la bonne entente entre l'empereur et l'évêque ne fut troublée qu'en passant. Mais même en face d'un Théodose, toujours Ambroise sut maintenir en faveur de l'Eglise la pleine indépendance, intérieure et extérieure, à l'égard de tout pouvoir terrestre. L'empereur ne devait avoir sur les autres membres de la communauté chrétienne d'autre privilège que celui de prêter à l'Eglise la force de son bras et de lui faire justice. En 388, l'empereur, dans un moment de précipitation, rendit un édit rigoureux contre les chrétiens de Callinicum, en Mésopotamie, qui avaient détruit une synagogue juive; l'intervention d'Ambroise décida le retrait de cette mesure. Après le massacre de Thessalonique, ordonné pour venger le meurtre de plusieurs fonctionnaires impériaux (390), sur la remontrance de l'évêque, l'empereur se soumit à la pénitence publique (1). Théodose mourut le 17 janvier 395 ; le 4 avril 397 Ambroise le suivit dans la tombe.
II. Son activité littéraire. — On s'étonne justement que saint Ambroise, au milieu des occupations si étendues et si diverses du pasteur et de l'homme d'Etat, ait encore trouvé le loisir de composer un grand nombre d'écrits. Il est .vrai que la plupart de ses ouvrages furent le fruit même, le fruit mûr, de son activité pastorale. A notre connaissance, il ne publia qu'un très petit nombre de sermons sous forme de sermons et sans toucher au plan primitif; mais, d'autre part, ses « livres » ne sont, en gé-
1. « Stravit omno quo utebatur insigne régla m, àoflevit in ecclesia publiée peccatum suum... gemitu et lacrymis oravit veniam. » Ambr. De obitu Theod. 34 : xti, 1390.
néral, que des prédications légèrement remaniées, d'ordinaire encore très distinctement reconnaissables. Aussi ces livres se proposent-ils, sinon exclusivement, du moins principalement, un but pratique et parénétique. Ils prennent les paroles de» l'Ecriture, surtout de l'Ancien Testament, comme point de départ, et s'efforcent d'y trouver de mille façons l'image de la vie morale et religieuse. Du reste, même dans les écrits qui n'eurent pas cette origine oratoire, Ambroise se meut de préférence dans le domaine des mœurs ; nature vraiment romaine, aux tendances essentiellement pratiques et morales, il n'a ni le temps ni le goût des spéculations philosophiques et dogmatiques, et toute son activité littéraire est déterminée par des considérations d'action et de vie.
En outre, il se contente de développer les résultats acquis, de féconder les vérités traditionnelles. Souvent il emprunte dans une large mesure à des devanciers, chrétiens ou non, la matière de ses essais, mais il l'accommode, avec intelligence et adresse, au public élargi de son temps et de sa nation. Avec un homme aussi livré à la vie active, il faut s'attendre à ce que le dernier coup de lime manque plus d'une fois à la forme de ses ouvrages. Sa langue abonde de réminiscences involontaires des classiques latins et grecs ; on sent surtout qu'il possède à fond Virgile. Le style d'Ambroise n'en a pas moins son caractère bien tranché : la mesure et la dignité constantes du ton, et, aux endroits soignés, une énergique concision, une originalité pleine de hardiesse. Le talent oratoire de l'auteur, on le comprend, se fait surtout sentir dans les écrits dérivés des sermons, qui gardent en maints endroits de vrais élans de poésie. Les hymnes d'Ambroise montrent avec quelle maîtrise, quand il le veut, il manie la langue.
III. Ecrits exégétiques. — La grande moitié des écrits de saint Ambroise est exégétique, en ce sens qu'ils se
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fondent, comme on Ta déjà indiqué (1), sur la base du texte biblique, sans se proposer d'en expliquer la lettre.
Dans le tableau de ses travaux d'exégèse au lieu de la série chronologique, encore sujette à bien des doutes, nous suivrons, comme l'ont fait les éditeurs, Tordre des livres de l'Ecriture.
Ambroise traite du récit de la création dans les 6 livres de VHexaemeron (2), un de ses plus importants ouvrages, qui dérive de neuf sermons, prêches en six jours consécutifs, vers 389, en tout cas après 386.
Le De paradiso (3), les deux livres De Cain et A bel (4), le De Noë et arca (5) furent probablement écrits les uns à la suite des autres, vers 380. D'après Kellner le De Noë et arca serait de la fin de 386. Le texte de cet écrit a plusieurs lacunes.
Sur l'histoire des patriarches nous avons De Abraham en deux livres (6), Delsaac et anima (7), De bono mortis($)< Defaga sœculi(9), De Jacob et vita beata en deux livres ( 10), De Joseph patriarcha (11), enfin De benedictionibus patriarcharum (12). La composition de toute cette série semble devoir se placer dans les années 388-390. L'auteur applique l'histoire d'Isaac et de Rebecca aux rapports de Jésus- Christ et de Tâme humaine ; d'où le titre De Isaac et anima. Le De bono mortis, qui n'est, d'après le propre avis de l'auteur, que la suite du précédent écrit, veut prouver que la
i. Supra, il.