Epis t. 48, 7 : Mighk, xxii
De Elia et jejimio9 De Nabuthe Jezraëlita, De Tobia, ont également pour base des homélies de saint Basile. Mais l'impulsion principale dans cette voie de l'interprétation allégorique des livres historiques de l'Ancien Testament, Ambroise doit l'avoir reçue de Philon. Dans les traités De paradiso, De Caïn et Abei, De Noë et arca, De Abraham, etc., il imite tantôt plus, tantôt moins, toujours visiblement, certains traités du Juif alexandrin. En bien des endroits, la ressemblance est telle, que nombre de fois, on a réussi à rétablir le texte, assez mal conservé, des écrits de Philon, à l'aide des endroits parallèles de l'évêque de Milan. Celui-ci n'en garde pas moins la pleine indépendance de sa conviction chrétienne. Ce qu'il apprend du Juif, c'est l'art de lire au fond du récit de la Genèse un ensemble de doctrines reçues d'ailleurs.
Cette même méthode, il l'applique aussi au Nouveau Testament. Dans le commentaire sur saint Luc, le texte évangélique, au mépris de toutes les règles de l'herméneutique, est utilisé pour toute sorte de leçons morales et pieuses, souvent d'une façon si cherchée et si forcée qu'on a peine même à suivre la pensée de l'interprète (1).
i. Sur les paroles clcv&tis oculis (Luc. vi, 20). Ambroise écrit (Migiib, xv,
« Le Sauveur leva les yeux. C'est ainsi aussi que sur le point de ressusciter Lazare, il frémit en son esprit (Jean, si, 33) ; c'est ainsi qu'il leva la létc, lorsqu'à pardonna à la femme adultère (Jean, vm, 10). Qu'est-ce, en effet, que lever les yeux, si ce n'est ouvrir une lumière intérieure ? Cest pourquoi saint Mathieu dit (v, 2) : 11 ouvrit la bouche, c'est-à-dire les trésors do la sagesse et de la science de Dieu, en ouvrant l'intérieur de son temple. 11 a ouvert la bouche • ouvre donc toi a«ssi ta bouche, mais prie d'abord pour qu'elle soit ouverte. Car si saint Paul implore le secours divin pour l'ouverture de sa bouche (Eph. vi, i9;, il convient bien plus que tu le demandes. Le prophète te montre aussi la clef de la science avec laquelle tu dois ouvrir ta bouche, disant ' Ouvre ta bouche par la parole de Dieu (Prov. xxx,, 9). La parole de Dieu est la clef de ta bouche ; la clef de la science est la clef de ta bouche, par laquelle, les chaînes du silence étant ôtées, s'ouvre la serrure de llgno"
rdSut saint Luc, xxx, 28-29, le commentateur dit fMuim, xv, 1793-1794) : « n
V. Ecrits moraux et ascétiques. — Entre les traités de morale de saint Ambroise, le premier par l'importance, non par la date, qui est postérieure à 386, c'est le De Officiis ministrorum (1), en trois livres, comme le De Officiis de Cicéron, dont nous avons ici le pendant chrétien. Comme Cicéron destinait son ouvrage d'abord à son fils Marc, Ambroise s'adresse aussi en première ligne à ses fils les clercs, « ministres » de l'Eglise (2). Il veut toutefois offrir en même temps un manuel de morale à tous les chrétiens, comme Cicéron lui-même avait eu en vue d'autres lecteurs. De même, dans l'ordonnance et la division de sa matière, Ambroise se rapproche le plus possible de Cicéron. Mais ce parallélisme fait d'autant plus nettement ressortir l'antithèse intime de la morale païenne et philosophique d'une part, de la morale chrétienne et ecclésiastique de l'autre. Le côté parénétique du De officiis ministrorum est d'une pénétrante énergie.
Ambroise consacra toute une série d'écrits, soit à la virginité en général, soit à l'état des Vierges consacrées. Dans ses prédications, il aimait à revenir et à insister sur
est bien à propos que, laissant les Juifs pour habiter dans les cœurs des gen tils, le Seigneur monte au temple. Celui-là est, en effet, le vrai temple où le Soigneur est adoré, non en paroles, mais eu esprit ; celui-là est le temple de Dieu que soutient la vérité de la foi, non des murs de pierre. Il laisse donc ceux qui haïssent, il choisit ceux qui devaient aimer. Et c'est pourquoi il arriva au mont des Oliviers, pour planter sur les hauteurs de la vertu comme de jeunes oliviers, ceux dont la Jérusalem d'en haut est la mère. Sur cette montagne est le céleste agriculteur, afin que ceux qui sont plantés dans la maison du Seigneur puissent dire tous ensemble : Je suis dans la maison du Set' r/neur comme un olivier plein de fruits (Ps. u, 10;. Peut-être la montagne est-ce le Christ lui-mômo. Quel autre, en effet, porterait dos oliviers aussi chargés de fruits, des oliviers courbés, non par l'abondance des olives, mais par la plénitude spirituelle de3 nations fécondes? C'est par lui que nous montons et vers lui : il est la porte, il est la voie ; c'est lui qui est ouvert, c'est lui qui ouvre ; c'est chez lui que frappent ceux qui entrent, c'est lui qu'adorent les vétérans. »