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C'est un grand enchantement et il n'en est pas de plus puissant. Quoi de plus puissant, en effet, que la confession de la Trinité, chaque jour célébrée par la bouche de tout un peuple ! Tous à l'envi aiment à confesser la foi, tous savent prêcher en vers le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Tous sont donc devenus maîtres, lorsqu'à peine ils pouvaient être disciples (1). »
En même temps qu'il instituait le chant des hymnes, Ambroise enrichissait et développait la liturgie entière sur le modèle des Églises de l'Orient, surtout de la Syrie. De Milan le chant des hymnes se répandit aussitôt par tout l'Occident chrétien, et les poésies spirituelles, composées à la façon des hymnes de saint Ambroise ou, plus exactement peut-être, chantées de la même manière aux offices, reçurent dans la suite le nom d' « hymnes ambrosienues (2) ». Quatre hymnes ambrosiennes sont les oeuvres avérées de saint Ambroise lui-même, prouvées telles par d'indubitables témoignages : JSterne rerum conditor, Deus creator omnium, Jam surgit hora tertia, Vent redemptor gentium. Elles sont en vers iambiques dimètres et en strophes de 4 vers. Le mètre est rigoureusement observé et la quantité fort exacte. L'expression est claire et simple, mais en même temps pleine de grandeur et de dignité. Les anciens Bénédictins tenaient douze hymnes pour vraiment de saint Ambroise (3). Biraghi (1862) et Dreves (1893) ont cru pouvoir en compter jusqu'à dixhuit.
Au baptême de saint Augustin (387), dit-on, le néophyte et Ambroise qui le baptisait, inspirés de Dieu, chantèrent, par versets alternatifs, le Te Deum. La légende est belle,