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8. xx, 443-458. Sur le latin de cet écrit, v. Pauckbr, dans la Revue des Gyw nases d'Autriche, t. XXXII (1881), p. 481 et suiv.
§69. — Prudence el saint Paulin de Noie.
I. Prudence. — Par l'originalité de ses créations comme parle nombre et la variété de ses vers, Prudence est, dans l'antiquité chrétienne, le premier, sans conteste, des poètes latins. Mais nous ne savons de la vie de Prudence que ce qu'il a bien voulu nous en dire. En tête de ses poésies complètes il a placé un prologue mélancolique, où, d'une main rapide, il esquisse à grands traits sa biographie. De ce prologue et de quelques renseignements épars da.ns ses ouvrages, voici ce que nous apprenons.
Aurelius Prudentius Clemens était né en 348, dans une ville du nord de l'Espagne, à Saragosse selon toute apparence. Nul doute qu'il n'appartînt à l'aristocratie de naissance et de fortune et que ses parents ne fussent chrétiens. A l'en croire, sa jeunesse fut assez dissipée ; hyperbole pieuse ou non, il s'accuse humblement « de s'être vautré dans les ordures et la boue du péché (1) ». D'abord avocat, il entra plus tard dans les fonctions publiques et les parcourut avec succès : deux fois il devint gouverneur de province, en Espagne selon toute probabilité ; puis la faveur de l'empereur Théodose lui confia, soit un haut grade militaire, soit, ce qui est plus probable, une grande charge de cour (2).
Les cheveux blancs (3) du poète l'avertirent d'échanger l'éclat des honneurs contre le silence de la retraite, afin