‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 264 sur 374 · V. Supra, § 07, ni · texte numérisé non relu

V. Supra, § 07, ni

neuf quatrains, qui nous dépeignent autant de scènes de l'histoire sacrée ; vingt-quatre sujets étaient empruntés à l'Ancien Testament; vingt-cinq au Nouveau. Ces quatrains étaient probablement destinés à être inscrits, selon l'usage du temps, sous les peintures ou les mosaïques d'un édifice religieux, peut-être à Saragosse. Le titre deDitlochœon est toujours une énigme ; on le fait habituellement dériver de 8tru6< et d'^, parce que les sujets sont tirés des deux Testaments; mais l'étymologie n'a rien qui satisfasse.

II. Manuscrits, éditions de Prudence. Travaux. — De tous les manuscrits de Prudence, nous l'avons déjà dit, § 66, vu, le plus vieux et le plus précieux est le codex Paris. 8084, v* sièele, en lettres capitales. Ul. Robert, Notice paléographique sur le manuscrit de Prudence, n° 8084 du fonds latin de la Bibliothèque nationale : Mélanges Graux. Paris, 1884, in-8°, p. 405-413. — A. Dressel nous parle des manuscrits italiens dans l'édition que nous allons citer, Leipzig, 1860, p. 46-61.

Sur les éditions de Prudence, v. Dressel, p. 25-46. Parmi les anciennes éditions, celle d'Arevalo, S. J., Rome, 1788-1789, 2 vol. in-4°, mérite par l'ampleur et l'érudition de son commentaire une particulière mention. Migne Ta reproduite, P. L.y lix-lx, Paris, 1847. — On trouve aussi Y Apothéose dans Hurter, 55. Patrum opuxc. sel., t. XXXIII. — Deux bonnes éditions complètes ont paru de nos joars, celle de Th. Obbar, Tubingue, 1845, in-8°, et celle d'A. Dressel, Leipzig, 1860, in-8*. — On doit à Fr. Felli une édition à part du XIe chant du Péristephanon [Passio Hippolyti), avec traduction italienne, Vilerbc, 1881, in-8°-

Sur la vie et les œuvres de Prudence, v. J. B. Brys, De vila et scriptis Aurelii démentis Prudentii, Louvain, 1855, in-8°. — Cl. Brockhaus, Aurelius Prudentius Clemetis et son rôle dans V Eglise de son temps, Leipzig, 1872, in-8*. — Ad. Ebert, Histoire générale de la littérature du moyen âge en Occident, édit. franc, t. Ier, Paris, 1889, p. 272-316. — J. Kayser, Contribution à V histoire et à V explication des plus anciennes hymnes de l'Eglise, 2e éd., Paderborn, 1881, p. 249-336. — A. Rœsler, Le poète catholique Aurelius Prudentius Clemens, contribution à V histoire <te l'Eglise et à celle du dogme aux ive et ve siècles, Fribourg, 1886, in-8°. — Aimé Puecb, Prudence, étude sur la poésie latine chrétienne au

iv* siècle, Paris, 1888, io-8*. — A. Zanio), Aureiio Prudenzio Clémente, poêla crùtiano, etc., Venise, 1889, in-8° ; 2* éd., 1890. — G. Boisater, La (in du paganisme, Paris, 1891, in-8°, l. IF, p. 123-177. — J. Manitius, Hist. de la poésie latine chrétienne, Stutlgard, 1891, p. 61-99.

Fr. Krenkel, De Aurelii Prudentii démentis re metrica, Rudolstat, 1884, in-8°. — H. Breidt, De Aureiio Prudentio Clémente Horatii imitatore, Heidelberg, 1887, in-8\ — Weyman, Sénèque et Prudence, dans las Commentutiones Wœlfflinianae, Leipzig, 1891. — G. Sixt, V influence de Sénèque et de Lucain sur Prudence, dans le Philologue, t. LI, GoeUingue, 1892, p. 501-506. — S. Braodt, De Lactantii apud Prudentium vestvjiis, Heidelberg, 1894, in -4°, p. 1 et 5. — M. Schmitz, Les poèmes de Prudence et leur date, Ip- part. (Progr.), Aix-la-Chapelle, 1889, iu-4*. — G. Siit, Les poésies lyriques d'Aurelius Prudent ius Clemens (Progr.), Stuttgard, 1889, in-4.

La Passio Hippolyti (Peristeph. xi) a souvent provoqué la critique des historiens de l'Eglise ; cf. Dœllinger, Hippolyte et Calliste, Ratisbonne, 1853, in-8°. — Plaine, Eclaircissement sur un poème hagiographi que de Prudence (Exlr. de la Revue des sciences eccL), Amiens, 1889, in-8°. — V. Voth, V ouvrage du poêle chrétien Prudence contre Symmaque (Progr.), Rastadt, 1892, in-4°. — P. Allard, Prudence, historien, dans la Revue des questions historiques, 1884, t. XVIII, p. 345 385. — G. Sixt, Le Dittochœon de Prudence, dans la Correspondance des Ecoles supérieures et professionnelles du Wurtemberg, 1890, t. XXXVII, p. 420- 429. 458-464. — G. Sixt, La littérature moderne sur Prudence, Ibid., 1891, t. XXXVIII, p. 212-217. — Merkle, Prudence et Priscillien, dans la Revue trim. de IhéoL, 1894, t. LXXVI, p. 77-125 : que Prudence ait songé ici et là aux Priscillianistes, rien de plus vraisemblable ; mais ce n'est pas contre l'hérésie de Priscillien qu'il a lancé ses trois grands poèmes polémiques, V Apothéose, VHamartigénie et la Psychomachie. — C. Weyman, Prudence et Sulpice Sévère, dans les Annales historiques, 1894, t. XV, p. 370-372. Prudence, avant de publier ses œuvres complètes, les fît paraître isolément ou par petits groupes. — Merkle, Nouvelles études sur Prudence, dans la Revue trim. de théoL, 1896, t. LXXVIU, p. 251-275.

III. Saint Paulin de Noie. — Pendant que l'Espagne produisait Prudence, la Gaule donnait à P Eglise un autre poète, d'un tout autre caractère, Pontius Meropius Anicius Paulinus, saint Paulin de Noie.

Paulin naquit à Bordeaux, en 353, d'une famille sénatoriale et opulente, qui avait des biens un peu partout. Il étudia dans les écoles de sa ville natale, et eut pour professeur Ausone (1), à qui rattachèrent étroitement pour la vie les liens de la reconnaissance et de l'amitié. C'est à la puissante influence de son maître que Paulin, à peine âgé de vingt-cinq ans, dut l'honneur d'être, après la mort de Valens (9 août 378) et pour la fin de Tan 378, consul subrogé.

Mais il ne tarda pas, ce semble, à renoncer aux dignités publiques; marié à Tune des femmes les plus riches de la province d'Espagne, il vécut retiré sur ses terres, aux environs de Bordeaux, partageant ses loisirs entre le commerce de ses amis et le culte des lettres. Il ne se sentait pourtant pas l'àme en paix; la paix du cœur ne lui fut donnée que lorsqu'il eut répondu à l'appel de la grâce, en rompant aussi complètement que possible avec le monde. Peu à peu, il se résolut à s'éloigner de son pays ; de cruelles épreuves lui avaient inspiré ce projet et l'y avaient affermi ; Ausone lui-même ne le put ébranler; prières et reproches, tout fut inutile.

Paulin, selon l'usage, avait différé le baptême; il le reçut, en 389, des mains de Delphinus, évêque de Bordeaux, et alla vivre quelques années en Espagne. Comme il était à Barcelone en 393, il se vit ordonner prêtre malgré lui, aux acclamations du peuple, par l'évêque Lampius. Mais, Tannée suivante, il partait pour Noie, dans la Gampanie. C'était son vœu le plus ardent d'y passer le reste de sa vie, près du tombeau du confesseur saint Félix, qu'il avait dans sa jeunesse choisi pour patron, et auquel il se croyait redevable d'avoir triomphé d'une accusation de fratricide.

Il était accompagné de sa femme Thérasia, devenue sa sœur; dans cet asile, au sein d'une pauvreté volontaire,

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ils s'adonnèrent l'un et l'autre à la prière et aux pratiques de l'ascétisme chrétien. Elu évêque par les habitants de Noie, en 409, Paulin, au milieu de l'invasion des Goths, et de la désolation générale, demeura l'appui et le consolateur de son troupeau ; jusqu'à ses derniers jours il resta près de ceux que son héroïque charité pouvait servir et dont il partageait les souffrances. Il mourut en 431, universellement pleuré.

Chez Prudence, tout respire le feu et la passion ; tout, dans les poésies de saint Paulin, reflète la tendresse et la délicatesse de son cœur. N'attendez de lui ni la puissance créatrice du poète espagnol, ni les hardiesses et les envolées de l'imagination, ni les couleurs de la langue. Il a le goût des qualités tempérées ; il aime l'élégance et le biendire ; la simplicité, la grâce et l'esprit, la finesse et la raison, le sens exquis delà mesure et du beau, ce sont les qualités françaises de saint Paulin.

Nous n'avons aucun des ouvrages qu'il composa au temps de sa vie mondaine, et, malgré les louanges d'Ausone, à en juger par les quelques vers qu'il nous a conservés de son disciple, nous ne devons pas déplorer beaucoup cette perte. En revanche, on ne Jit pas sans charme et sans émotion les épîtres en vers qu'échangèrent Ausone et Paulin dans les années 389-393, à la veille de la conversion du jeune consulaire. Peut-être est-ce là que le talent poétique des deux amis atteint son apogée. Ausone essaie de rappeler Paulin au monde et aux lettres ; quatre fois il revient à la charge ; et, dans les réponses de Paulin, tout empreintes d'un filial attachement à son vieux maître, on entend, avec l'écho d'âpres luttes intérieures, l'accent d'une foi profonde et d'une conviction

décidée.

Parmi les poésies chrétiennes de Paulin, c'est un cycle de panégyriques en l'honneur de saint Félix qui, par l'étendue et n certains égards par le fond, occupe le pre-

mier rang. Pendant quatorze ans au moins, à partir de l'an 394, Paulin, le jour anniversaire de la mort de son patron, le 14 janvier, lui consacra un poème envers hexamètres, un Carmen nalalilium; le jour de la mort des saints est le jour de leur naissance à la vie éternelle. Treize de ces Carmina nous sont parvenus intégralement ; de l'un d'eux on ne connaît que des fragments.

Le poëte essaya aussi de traduire quelques psaumes. Des trois paraphrases que nous possédons, celle du psaume l*r est en trimètres iambiques, celles des psaumes 11* et CXXXVI (Vulgate) sont en hexamètres. Paulin, par ses psaumes paraphrasés, inaugure comme un genre nouveau de poésie chrétienne, que le moyen âge et diverses littératures modernes cultiveront avec ardeur, non pas toujours sans fruits.

On trouve dans les œuvres de notre poète unépithalame chrétien de cent vingt distiques, antithèse frappante des épithalames païens à la mode, de ceux, par exemple, que Glaudien composait alors pour les princes et les grands seigneurs. V Epithalamium Juliani et lae, d'un très gracieux début et dans lequel se trahit parfois l'homme du monde, offre pour l'histoire des mœurs un véritable intérêt.

Les lettres de saint Paulin sont bien moins attrayantes que ses poésies. On y sent presque partout la recherche et l'emphase, presque partout on est accablé sous une avalanche de citations et d'allusions scripturaires. Il nous reste environ cinquante lettres de Paulin. Elles sont adressées, treize au plus ancien et plus intime ami de notre saint, Sulpice Sévère; six à un prêtre de Bordeaux, Amandus, qui, au témoignage de Paulin lui-même, avait pris une grande part à sa conversion ; cinq à l'évêque de Bordeaux, Delphinus ; quatre à saint Augustin, qui les vante trop.

Quelques ouvrages en prose de plus longue haleine sont

aujourd'hui perdus; notamment un panégyrique de Théodose, « pour avoir vaincu les tyrans bien plus par la foi et la prière que par la force de ses armes », et un Livre sur la pénitence et sur la gloire des martyrs, Liber depœnitentia et de laude gênerait omnium martyrum (1).

IV. Manuscrits, éditions, travaux. — E. Châtelain, Notice sur les manuscrits des poésies de saint Paulin de Noie, suivie d'observations sur le texte (Biblioth. d?s écoles franc. d'Athènes et de Rome, fasc. 44), Pari», 1880, in-8«.

Editions complètes de saint Paulin par les deux jésuites Fronton du Duo et Héribert Rosweyde, Anvers, 1622, in -8* ; — par J. B.Le Brun des Marettes, 1685, 2 vol. in-4° ; — par Muratori, Vérone, 1736, in-fol. De nos jours, le Corpus de Vienne a donné, par les soins de 6. de Hartel, t. XXIX, 1894, la correspondance et t. XXX, 1894, les poésies de saint Paulin.

Muratori enrichit de quatre pièces nouvelles les poésies de saint Paulin ; il avait découvert trois poèmes en l'honneur de saint Félix et une satire en deux cent cinqn»nle-quatre hexamètres, de la folie des cultes païens, dédiée à un certain Aitnnius. Le Carmen ad Anlonium, pour parler avec Muratori, figure dans Galland, Bibl. vet. Patr., t. Hf, p. 653- 661 (cf. p. xlviii-xlix\ à la suite des Instructions de Commodien, sous le titre (VA n ton ii carmen adversus génies. Galland, en raison du premier vers, Discussi, fateort sectas, Antonius9 omnes, réclama pour un certain Antonius la paternité de l'ouvrage ; Muratori avait tenu au contraire le nom d'Antonius pour une apostrophe et montré manifestement dans le poème la main de saint Paulin ; cf. le passage de saint Augustin, Ep. 31, ad Paulinum, ch. vin, du commencement de Tan 396 : « Ad versos Paganos te scribere didici ex fratribus », ap. Migne, P. t., xxxiii, 425.

Après Galland, l'importance de notre poème, pour la mythologie et l'archéologie classique, lui a encore valu deux éditions, l'une d'OEbler, dans la Bibliothèque de Gersdorf, t. XII f, Leipzig, 1847, p. 121-1% l'autre de Bursian, dans les Comptes rendus de l'Académie de Munich, section de philol. et d'histoire, 1880, fasc. 1, p. 1-23. Bursian, comme OEhler, attribue le poème h saint Paulin. Ce qui n'empêche pas qu'on retrouve encore, dans la nouvelle édition du Dictionnaire thêo logique de

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