L., lxi
Pères de l'Église, T. II 23
Le manuscrit de XAlethia contient, en outre, sous le titre de S. Paulini epigramma, une satire dialoguée des mœurs du temps en 110 hexamètres. Peut-être faut-il y yoir une œuvre de l'évêque Paulin de Béziers (1), dans les premières années du v* siècle (400-419).
J. Gagneius (de Gagnée) avait affublé l'ouvrage du titre de Claudii Marti Victorîs... deperversis suw xtatis moribus liber quartus ad Salmonem (2). L'édition la plus récente et la meilleure est celle de Schenkl (3).
De la vie de Sédulius on ne sait presque rien. Prêtre, peut-être évêque, Sédulius écrivit un poème, en vers hexamètres et en cinq chants, sur l'histoire sainte, ou plutôt sur les miracles de Jésus-Christ. C'est le Paschale Carmen (4), titre qu'explique et justifie la dédicace, en citant le mot de saint Paul : Quia pascha nostrum immola tus est Christus (5). Le premier livre, qui rappelle à grands traits divers miracles de l'Ancien Testament, n'est qu'une introduction à l'ouvrage. Dans les quatre autres livres le poète, l'œil sur les Evangiles et notamment sur celui de saint Mathieu, raconte la vie du Sauveur. Sédulius, d'ailleurs, ne s'astreint pas à calquer le texte évangélique, et partant il imprime à son œuvre une allure bien plus libre que celle de son devancier Juvencus (6). Il sait allier dans son style la simplicité à la vie, et il fut placé très haut dans l'estime de la postérité.
A côté du Paschale carmen on aperçoit, de la main du même auteur, un Opus paschale (7) : traduction ou plutôt paraphrase du poème, en une prose de rhéteur maniérée
1. Cf. Htdatii, Chronicon ad a. 419 : Mioni, P. L., lxxiv, 915-916.