III. Tyrannius Rufinus. — Tyrannius Rufinus parta
geait avec Sulpice Sévère l'avantage d'une brillante formation classique ; il ne Tégalait ni pour l'originalité, ni pour la perfection du style. Né vers 345 dans le voisinage d'Aquilée, il reçut sa première éducation théologique dans un couvent de cette ville, où il connut et et sut apprécier le savant Dalmate Jérôme. Plein d'enthousiasme pour la vie ascétique, Tan 371, il accompagna la noble Romaine Mélanie en Egypte, cette terre du monachisme, séjourna assez longtemps chez les solitaires du désert de Ni trie, et fréquenta à Alexandrie l'école de Didyme l'Aveugle, qui sut lui inspirer un vif intérêt pour les Pères grecs, surtout pour Origène. Ce ne fut qu'en 377 que Rufin alla rejoindre sa noble amie à Jérusalem, pour se fixer dans une cellule de solitaire sur le mont des Oliviers. Vers 390, il reçut des mains de Jean, évêque de Jérusalem, l'ordination sacerdotale. Saint Jérôme était venu à son tour chercher une retraite aux environs de la ville sainte. Les affectueuses relations des deux amis de jeunesse furent troublées, comme on Ta déjà indiqué plus haut (1), par les controverses origénistes, Rufin ne pouvant se décider à prendre parti contre Origène. Mélanie parvint toutefois à amener une sorte de réconciliation entre les belligérants et, en 398, elle retourna avec Rufin en Italie. A Rome Rufin traduisit en latin le premier livre de Y Apologie d Origène par saint Pamphile (2) et le mpi àpxwv (3) d'Origène luimême. Dans la préface (4) de cette dernière version, Jérôme, dont le nom était connu et honoré de tout l'Occident, se trouvait mentionné entre les partisans et admirateurs de l'Alexandrin: procédé pour le moins indiscret, qui provoqua entre les deux écrivains longtemps