Fp. 82 ad Theophil., 2 : Migre, xxii
2. « Summo studio ac laboro ». Ep. 82, ad Eustoeh. 30: mi, 416.
profond de la prière le ramena promptement de ces écarts, et il reçut le baptême des mains du pape Libère ; la coutume des baptêmes tardifs était encore assez répandue.
De Rome Jérôme alla à Trêves, alors le siège d'une des plus florissantes écoles de l'Occident, et il y commença l'étude de la théologie. Nous le rencontrons plus tard à Aquilée, où il trouva dans un cercle déjeunes clercs un milieu favorable pour ses goûts de piété comme pour ses études. Obligé, on ne sait pourquoi, de quitter Aquilée et l'Italie, il partit pour l'Orient, parcourut avec quelques amis la Thrace, la Bithynie, le Pont, la Galatie, la Cappadoce, la Cilicie, et arriva, vers la fin de l'été 373, à Antioche. Là il devait voir mourir de la fièvre lnnocentius, un ami particulièrement cher (1); des infirmités de toutes sortes (2) le conduisirent lui-même au bord de la tombe.
Las du monde, affamé de paix, sur la fin de Tannée 374, au lieu de poursuivre sa route vers Jérusalem, but primitif du pèlerinage, il s'enfonça, à l'est d'Antioche, dans le désert de Ghalcis, « cette Thébaïde syrienne », où il mena cinq ans la vie solitaire. Dans les pratiques de la plus rigoureuse pénitence, il chercha et trouva la paix de l'âme. Il vécut du travail de ses mains, tout en revenant de temps en temps à ses études et composant quelques écrits. Surtout, le premier peut-être de tous les Occidentaux, il apprit les éléments de l'hébreu, où il eut pour maître un Juif converti. « Ce que cette étude m'a offert de difficultés, écrira-t-il lui-même, trente-cinq ans après (411), ce qu'elle m'a coûté de labeurs, combien de fois j'ai perdu courage, combien de fois j'ai jeté le livre et l'ai repris
1. « Ex duobus oculis unum... parlem animée meœ ». Ep. 3, ad Rufinum, 3 : un, 333.