‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 295 sur 374 · Contra Julianum, i, 7, 34 : xliy · texte numérisé non relu

Contra Julianum, i, 7, 34 : xliy

auteurs théologiques qui ont paru avant lui dans l'une et da îs l'autre partie du monde.

Si Jérôme passait donc dans tous les domaines de la théologie pour une autorité de premier ordre, c'est dans îe champ des sciences bibliques qu'il était considéré comme un maître que nul n'avait dépassé, que nul n'avait e^alé. C'est dans ce champ qu'il se mouvait avec une prédileoiîon marquée ; c'est dans ce champ qu'il créa ses maîtrt es œuvres. Exégète de mérite ou plutôt excellent philologue, critique habile, traducteur de génie, il mérite encore aujourd'hui une sincère admiration. A peine trouverait-on un Latin de l'époque à qui la langue grecque fût aussi familière; et pour la connaissance des langues de l'Ancien Testament, Jérôme est hors de pair dans l'antiquité ecclésiastique.

11 est aisé de relever les imperfections de sa culture hébraïque ; l'importance exagérée qu'il attachait à la tradition juive d'alors en fut la principale cause ; mais il y aurait injustice à ne pas tenir compte dans l'appréciation de ses connaissances des circonstances du temps et à lui appliquer la mesure d'aujourd'hui. A quel point il possédait l'hébreu, un fait raconté par Jérôme lui-même, va nous le dire, savoir la manière dont, en 405, il traduisit de l'araméen en latin le livre de Tobie. « Gomme le Chaldaïque, dit-il, — ou l'araméen — est proche parent de— l'hébreu, je cherchai un savant parfaitement au courant des deux langues — c'était sans aucun doute un rabbin juif — ,et en un seul jour de travail assidu, à mesure qu'il me traduisait ce livre de vive voix en hébreu, je le dictais en latin à un sténographe que j'avais fait venir (1) ». 11 s'en fallait, du reste, que le chaldaïque lui fût entièrement étranger ; longtemps auparavant il s'y était appliqué par amour pour le livre de Daniel et, en 391, il rendait compte

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