Prœf. in lib. Tobiœ : xxix
Pères de l'Eglise, T. II. 2o
du résultat de ses efforts eu ces termes : « Jusqu'à ce jour je lis et je comprends le chaldéen mieux que je ne le prononce (1) ». Bref, telles étaient les connaissances philologiques de saint Jérôme que, seul entre tous les savants chrétiens de son temps, il semblait parfaitement apte et comme désigné pour 1 importante et délicate tâche d'une version de la Sainte Ecriture.
X. Saint Jérôme témoin de la îoi de l'église. — A la gloire d'être un prodige de science, Jérôm e joint le mérite d'être une colonne de l'orthodoxie. Déjà Jean Gassien l'appelle c un homme de la plus vaste science et en même temps de la foi la plus éprouvée et la plus pure (2) ». « Il est haï des hérétiques, disait Sulpice Sévère (3), parce qu'il ne cesse de les combattre ; il est haï des clercs parce qu'il blâme leur vie et leurs vices (4). Mais tous les gens de bien, sans exception, l'admirent et l'aiment; car ceux qui le tiennent pour hérétique, sont fous. Je dis la vérité : la pensée de cet homme est catholique, sa doctrine est saine. » Sulpice Sévère suppose comme chose connue que Jérôme n'a pas été à l'abri du reproche d'hérésie; il songe certainement à l'accusation d'Origénisme enregistrée plus haut. Le semi-pélagianisme de Gassien ne doit pas faire suspecter son jugement. Les assertions que Jérôme émet en passant sur la question de la priorité de la grâce ou du libre arbitre manquent, sans doute, çà et là d'exactitude ; mais dans le Commentaire sur le prophète Jérémie, composé précisément en pleine controverse pélagienne et qui compte parmi ses travaux les plus mûris, Jérôme semble supposer plus d'une fois la nécessité de la grâce prévenante (5). Le Pélagien Julien trouvait le Dialogue
i. Prœf. in Ub. Daniel : myiii, 1292.