‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 301 sur 374 · MiuxE, xxxu, GoO · texte numérisé non relu

MiuxE, xxxu, GoO

Jésus-Christ : quod nomen Christi non erat ibi (1) : il avait sucé avec le lait maternel l'intime conviction que le nom du Christ est inséparable de la vraie Sagesse. Cependant la sainte Ecriture, qu'il lut également, ne put le captiver ; la forme ne le satisfaisait point et pour le fond l'intelligence lui manquait encore (2). En 374, impatient du joug de la foi comme de celui de la morale, il s'affilia, en qualité d' « auditeur », à la secte manichéenne, qui lui promettait la science, sans exiger aucun sacrifice de sa raison (3). Cependant Monique pleurait les égarements de son fils « plus que les mères ne pleurent la mort corporelle de leurs enfants (4) ». Un vieil évêque, témoin de sa douleur, la consola par ces mots : « Le fils de tant de larmes ne saurait périr (5). »

Le cours de ses études terminé à Carthage, Augustin enseigna la rhétorique dans sa ville natale ; mais avant la fin de Tannée, ce semble, il alla chercher à Carthage un plus vaste et plus illustre théâtre. Ses leçons y furent très applaudies et son ambition littéraire obtint les plus flatteuses distinctions : dans un concours de poésie, le proconsul Vindicien décerna publiquement le prix au jeune professeur, que, depuis ce jour, il honora de son amitié.

Augustin sentit s'ébranler peu à peu sa foi manichéenne. L'étude de l'astronomie lui suggérait des doutes sur le système ; l'immoralité qu'il découvrit dans les « élus » de la secte le repoussait. Ce ne fut qu'en 383 qu'il eut l'occasion, longtemps cherchée, de voir Fauste, évêque manichéen de Milève, et qui passait auprès de ses adhérents pour un oracle de la sagesse. Fauste non seulement ne sut point résoudre les difficultés d'Augustin, mais il prouva

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