‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 302 sur 374 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

son peu de culture dans les arts libéraux et sa totale ignorance de l'astronomie ; parleur agréable et disert, il n'était que cela, et le charme s'évanouit. Augustin, du moins au fond de son cœur, renonça au manichéisme.

Bientôt, quittant l'Afrique, il s'embarqua pour l'Italie et, après un court séjour à Rome, il obtint, par la protection du préfet urbain Symmaque, une chaire de rhétorique à Milan. La personnalité de l'évêque de cette ville fit sur lui une profonde impression; aux pieds de la chaire d'Ambroise il vit s'évanouir dans son esprit bien des préjugés contre la doctrine de l'Eglise (1), et il résolut, en attendant, de prendre rang parmi les catéchumènes (2). La lecture d'écrits néo-platoniciens, traduits en latin parMariusVictorinus (3), l'arracha de plus en plus à ses opinions sensualistes pour l'élever vers l'idéal. La lumière de la vérité divine commençait aussi à se montrer à lui dans les Epîtres de saint Paul. Mais tandis que dans les hauteurs de son intelligence déjà le jour brillait, au fond de son cœur la loi de l'esprit avait à livrer encore contre la loi de la chair un long et rude combat. Un jour au fort de cette crise — c'était au mois d'août 386 — comme il se trouvait dans le jardin de sa maison, versant un torrent de larmes, il entendit une voix mystérieuse : Toile, lege ; toile, lege(A). 11 saisit le livre des Epîtres de saint Paul et, l'ouvrant, son regard tombe sur ce passage de l'Epître aux Romains : Non in comessationibus et ebrietatibus, non in cubilibus et impudicitiis, sed induite Dominum Jesum Christum (5). La flèche de l'amour divin avait blessé son cœur (6). Les liens ter-

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