Supra, S
leur au point de vue de l'histoire du dogme. Il fut l'interprète et le défenseur providentiel de la doctrine de la 5 race, proclamé tel par ses contemporains eux-mêmes. En 118, lorsque le pape Zosime condamna le pélagianisme à la demande des évoques d'Afrique, le vieux Jérôme, qui avait de son côté combattu cette hérésie (1), de sa solitude de Bethléem écrivait à Augustin : « L'univers te célèbre ! Les catholiques te révèrent et t'admirent, comme le fondateur nouveau de l'antique foi (2). »
Saint Augustin devait mourir au milieu d'une immense calamité publique. L'empire romain commençait à tomber en ruines un peu partout; mais nulle part la catastrophe ne fut aussi profonde que dans l'Afrique romaine. Le gouverneur de la province, le comte Boniface, irrité des intrigues de ses rivaux à la cour de Ravenne, leva l'étendard de la révolte et appela à lui les Vandales d'Espagne. Sous les pas des Barbares, l'Afrique, le grenier de l'Italie, fut changée en un désert. En vain, Boniface, ramené au devoir par saint Augustin, prit lui-même les armes contre ses prétendus alliés ; il fut battu et ne put que se jeter, avec les débris de son armée, dans la ville forte d'Hippone, bientôt bloquée par les Vandales. Au troisième mois du siège, Augustin fut saisi d'une violente fièvre. Il priait Dieu qu'il « daignât ou délivrer la ville des ennemis qui l'entouraient, ou, si ce n'était pas son bon plaisir, donner à ses serviteurs le courage de tout souffrir, du moins le rappeler lui-même de cette vie (3) ». Ce dernier vœu allait s'accomplir: le 28 août 430, entouré d'un grand nombre de ses amis et de ses disciples, il rendit le dernier soupir, dans les plus vifs sentiments de piété et de pénitence. Il était dans sa soixante-seizième année.