Cf. De civit. Deî
cercle de ses investigations du présent an passé et à l'avenir; il cherche à embrasser et à approfondir le cours entier de l'histoire du monde depuis la première origine jusqu'au terme final, et de la sorte sa large apologie devient une grandiose philosophie de l'histoire ; sommet qui domine d'une immense hauteur toutes les autres apologies de l'antiquité chrétienne.
Gomme l'explique l'auteur lui-même (1), l'ouvrage se divise en deux parties. La première, qui comprend les livres I-X, défend le christianisme et attaque le polythéisme à la façon des précédents apologistes ; c'est la partie proprement apologétique et polémique. Les livres I-IV réfutent la croyance païenne populaire, de la nécessité du polythéisme pour le bonheur terrestre ; les livres VI-X combattent l'opinion des philosophes, c'est-à-dire des théurges i*éo-platoniciens, qui veulent le culte des dieux comme utile pour l'autre vie.
Les douze livres de la seconde partie, d'une tendance plus spéculative et allant plus au fond des choses, traitent des deux grands royaumes, civitates, qui se partagent l'humanité et donnent le branle à l'histoire tout entière, le royaume de Dieu et le royaume de ce monde. Les anges et les hommes fidèles forment le royaume de Dieu ; Ie royaume du monde dans toute son étendue a pour caractère essentiel l'abandon de Dieu. Pendant la durée du siècle présent les deux royaumes sont mêlés et confondus (2), les citoyens de l'un, les bons, voyageant en qualité d'étrangers au milieu des citoyens de l'autre, les impies. Les quatre premiers livres de cette partie, XI-XlVt expliquent l'origine respective des deux royaumes, avec la création des anges d'une part, avec la chute des mauvais anges de l'autre ; les quatre livres suivants, XV-XVM