Cf. supra, $ 67, iy
« quid faciat haereticum » ; il n'eut sans doute pas le temps de récrire.
Ecrits contre les Manichéens. — Il est trois sectes, le manichéisme, le donatisme et le pélagianisme, qu'Augustin ne cessa de combattre par la parole comme par la plume.
Contre le dualisme des Manichéens, qui admettaient deux principes éternels, l'un du bien, l'autre du mal, Augustin soutient le monisme du bon principe. L'Ancien Testament, comme le Nouveau, est une révélation du seul vrai Dieu. Entre les deux nulle contradiction, comme le prétendent les Manichéens, mais la plus complète harmonie, avec cette différence que c le nouveau est caché dans l'ancien et que l'ancien est à découvert dans le nonveau (1) ». La cause du mal, c'est la libre volonté de la créature. Le mal n'est point une substance, mais un défaut du bien, une négation, une privation, un dommage de la nature, une blessure de l'intégrité. Il s'ensuit qu'il peut y avoir des biens, mais non des maux sans mélange (2). Le mal ne trouble point Tordre et la beauté de l'univers. Le mal ne peut se soustraire aux lois du gouvernement divin, mais doit, au contraire, servir lui-même aux desseins de la Providence. Dieu a préféré tirer le bien du mal plutôt que de ne pas permettre le mal (3). Si nous ajoutons qu'à l'occasion Augustin cloue au pilori la vie ei la conduite immorale des Manichéens, nous aurons indiqué suffisamment le cercle d'idées dans lequel se meut sa polémique anti-manichéenne.
Les premiers écrits qu'il y consacra furent les deux livres De moribus ecclesiœ catholicœ et de moribus Muni-
i. c Quanquam et in vetere novum lateat et in noYO vêtus pateat » Q**ftt in Hcptat., n, 73 : xxxiv, 623.