Cf. Retr.f n, 31 sur Kp
Godefroi de Gœttweig (f 1749) découvrit et publia deux lettres qui avaient échappé aux Bénédictins (4). Cette correspondance, qui s'étend à une période de quarante ans et plus (386 ou 387 à 429), est très variée pour la matière et très inégale comme valeur. Dans ce qui nous reste les relations d'amitié et d'intimité tiennent fort peu de place. La plupart des lettres traitent des problèmes philosophiques ou théologiques et sont ordinairement des réponses à des questions adressées au saint docteur. D'autres lettres nous montrent en action le pasteur des âmes, exhortations à l'amendement de la vie, conseils de conscience, consolations dans les malheurs. D'autres enfin ont plus ou moins un caractère officiel, écrites parfois au nom des conciles et ayant trait le plus souvent aux schismes et aux hérésies du temps.
Outre le Psalmus contra partem Donati, nous avons quelques autres poésies de saint Augustin, le tout de peu de pages et d'un assez faible intérêt.
XI. Coup d'œil général sur les écrits de saint Augustin. — Nul autre Père de l'Église latine n'est comparable à Augustin pour le nombre et l'étendue des écrits; seul parmi les Grecs, saint Chrysostome approche quelque peu de la fécondité littéraire de Tévêque d'Hippone. « Tel est, disait le biographe contemporain d'Augustin, le nombre de ses ouvrages qu'à peine l'homme le plus studieux est capable de tout lire et de tout connaître (2) ».
Au point de vue de la forme, ces ouvrages sont d'un puissant attrait. Augustin possède une extraordinaire souplesse d'expression. Il a surtout un don merveilleux de rendre les choses intérieures, de peindre les états d'âme, les faits spirituels.
Sa latinité porte le cachet de son temps. En général, il
1, xxxni, 789-792; 929-938.