‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 336 sur 374 · Retr.t u · texte numérisé non relu

Retr.t u

çant, Augustin, comme il en fait lui-même la remarque, n'a pas cessé, jusque dans les dernières années de sa vie, sur quelques questions, de développer et de modifier ses vues (1). Aussi, désire-t-il qu'on lise ses écrits dans l'ordre où ils ont été composés (2), et qu'on juge ses doctrines, non d'après ses premières publications, mais d'après les dernières. Les semi-pélagiens se fondaient sur ses premiers écrits ; l'auteur se plaint qu'ils en soient restés là et n'aient pas su progresser avec lui (3). Même dans la suite, on a oublié, plus d'une fois, cette recommandation du saint Docteur.

Qu'un homme de cette trempe exerçât un puissant attrait et une grande influence, il n'en pouvait être autrement. C'est dans sa correspondance qu'on voit le mieux la place qu'il tenait parmi ses contemporains. Il semble dominer toute l'Église, du moins toute l'Église d'Afrique, et personnifier l'esprit de progrès de l'époque. Des hommes, qui ne le connaissent que par sa gloire, le consultent et se permettent de lui adresser de longs questionnaires (4). L'on voyait en lui, selon l'expression d'un de ces correspondants, « un oracle de la loi (5) », de qui Ton pouvait tout apprendre. Un notable Carthaginois du nom de Volusien lui propose ses difficultés sur l'Incarnation ; « dans d'autres évêques, dit-il, on peut admettre l'ignorance sans préjudice de la religion, mais ce qu'Augustin ne saurait pas, manquerait à la loi divine (6) ».

Augustin lui-même en jugeait tout autrement. Il souhai-

1. « Ego proinde fateor me ex eorum numéro esse conari, qui proficiendo scribunt et scribendo proficiunt ». Ep. 143, 2. De même De do no persev, 21,

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