Ep
6. « Cum ad antistitem Augustinnm vcnitur, legi deesfc quidquid contigerit ignorari ». Ep. 135, 2.
tait pour tous ses écrits, non seulement de pieux lecteurs, mais encore des critiques sincères (l).On ne doit le suivre que là où Ton s'est convaincu qu'il n'a point erré (2). « Tout ce qui se trouve d'erroné dans cet écrit, dit-il, parlant du De vera reltgione, on doit l'attribuer à moi seul, et tout ce qui s'y trouve de vrai et de juste, à Dieu seul, au seul auteur de tout bien (3) ».
La postérité a confirmé le jugement des contemporains. Elle a glorifié Augustin comme un de ces génies qui paraissent de mille en mille ans, mais qui, aussi, frayent des voies nouvelles pour des milliers d'années. Elle l'a décoré, en particulier, du nom de second Paul et de docteur de la grâce. Aucun autre Père de l'Église n'a exercé sur la philosophie et la théologie de l'avenir une influence le moins du monde comparable à celle d'Augustin, qui fut décisive. Comme en passant, avec une abondance royale, il a jeté des idées où les penseurs des siècles suivants ont trouvé les fondements de leurs systèmes. Plus d'une fois, une parole de lui a fourni le point de départ de controverses dogmatiques qui ont violemment agité des générations entières. L'autorité doctrinale de l'Église, par la bouche des conciles ou des papes, a, de tout temps, compté Augustin parmi les plus sûrs docteurs; elle a, notamment, reconnu ses enseignements sur l'essence, sur la nécessité et la gratuité de la grâce comme l'expression authentique de la doctrine de l'Église. La sentence célèbre du 11e concile d'Orange (529) contre le semi-pélagianisme est, en grande partie, un emprunt littéral aux écrits de saint Augustin. Toutefois, l'Église n'a jamais fait sienne la doctrine tout entière du saint Docteur sur la grâce et la prédestination.
1. « In omnibus litteris meis non solum pium lectorem, sed etiam liberum correctorem desiderem ». De trinit„ ni, prœem, 2.