De vera relig
Pères de l'Église, T. II. 28
XII. Saint Augustin, philosophe. — Comme la plupart des penseurs chrétiens de l'antiquité, saint Augustin était platonicien, mais d'un platonisme marqué de l'empreinte et pénétré du souffle de la religion nouvelle. Platon est, & ses yeux, le premier de tous les philosophes avant le christianisme (1). Aristote est un homme d'un esprit éminent, et, comme écrivain, inférieur à Platon, mais bien au-dessus de la plupart des philosophes (2). Parmi les néo-platoniciens, il distingue surtout Plotin, Jamblique, Porphyre, Apulée (3). Les platoniciens se sont rapprochés le plus de la vraie philosophie, qui est celle du christianisme (4). C'est ainsi que, cherchant Dieu, ils se sont élevés au-dessus du monde des corps, au-dessus de rame, au-dessus de tous les esprits sujets au changement (5).
Le platonisme chrétien de saint Augustin se reconnaît surtout dans sa façon propre de prouver l'existence de Dieu. Il en donne un grand nombre de preuves (6), tirées, les unes du monde extérieur et visible, de sa mutabilité, de Tordre et de la finalité qu'on y aperçoit, les autres de l'âme humaine, de la mutabilité de l'intelligence, de la voix de la conscience, du désir du bonheur ; mais il revient, avec une prédilection marquée, à la preuve par les vérités premières. Il entend par là ces principes de la raison qui, comme il paraît par leur caractère de nécessité et d'universalité absolue, ne peuvent pas nous venir a posteriori de l'expérience : axiomes dialectiques, mathématiques, moraux, esthétiques, dont la force lumineuse et Timpérieuse majesté dominent toute intelligence
i. Dé civ. Dei, viu, 4 et suiv.