Pour l'ensemble des preuves, cf. Confess., x
humaine, d'après lesquelles nous jugeons toutes choses vraies ou fausses, bonnes ou mauvaises, belles ou laides. De ces vérités, Augustin conclut à Dieu.
Maintes fois, sans doute, il semble vouloir tout simplement identifier ces vérités avec Pêtre divin lui-même. Il emploie, à plusieurs reprises, des expressions comme celles-ci : Dieu est la lumière en laquelle nous voyons toutes les vérités immuables ; Dieu éclaire tous les esprits; Dieu est le maître intérieur de l'âme, etc. De telles expressions laissent supposer que la vision intellectuelle des vérités immuables n'est autre chose que la vision immédiate, bien qu'incomplète, de l'essence divine elle-même, et elles expliquent pourquoi saint Augustin a été souvent considéré comme un représentant de l'ontologisme. Mais, en d'autres passages, il distingue nettement ces vérités intellectuelles de la vérité originelle et substantielle. Des vérités innées qu'il trouve dans l'esprit humain, il conclut à Dieu comme à leur premier et essentiel fondement. C'est une conséquence qu'il tire en vertu du principe de causalité, et la preuve en question n'est, au fond, qu'une forme particulière de ce qu'on appelle la preuve cosmologique de l'existence de Dieu. Les scolastiques péripatéticiens ont, en général, abandonné la preuve de saint Augustin ; saint Bonaventure, « le nouvel Augustin », fait exception.
Conséquent avec ses principes, Augustin conçoit et montre Dieu élevé au-dessus de toutes les catégories du fini, bon sans qualité, grand sans quantité..., sans lieu et tout entier partout présent, éternel sans temps; « sine qualitate bonum, sine quantitate magnum, sine indigent ia creatorem, sine situ praesidentem, sine habitu omnia continentem, sine loco ubique totum, sine tempo re sempiternum, sine ulla sui mutatione mutabilia facientem nihilque patientem (1) ». Dieu est donc pour lui