De trinit.,Yf
à la fois connu et inconnu. On ne trouve pas, toutefois, chez Augustin — non plus que dans la langue française — les expressions platoniciennes ou néoplatoniciennes d'Ayperusie, hypergnose, hyperbie.
Le fini est l'œuvre et l'image des idées qui éclairent la volonté créatrice de l'infini. Même dans les idées platoniciennes, saint Augustin voit les idées créatrices de Dieu. Mais il n'admet pas seulement l'existence des essences générales des choses ; d'après lui, tous les êtres individuels, réels ou possibles, avant de devenir, existent en tant qu'idées dans l'intelligence du créateur (1).
Un monde nouveau de connaissance et surtout de connaissance des choses divines s'ouvre pour l'homme par la foi à la Révélation. Dans les ouvrages de sa maturité littéraire — les écrits philosophiques d avant son baptême mis à part — Augustin exprime le rapport entre la foi et la science par ces propositions : « Intellige ut credas, crede ut intelligas (2). » « Alia sunt enim quœ nisi intelligamus non credimus, et alia sunt quœ nisi credamus non intelligimus.... Proficit ergo noster intellectus ad intelligenda quœ credat, etfides proficit ad credenda quœ intelligat (3). » D'une part, la science précède la foi ; l'intelligence n'a pas seulement à nous fournir les images et les concepts, éléments des vérités révélées et sans lesquels on ne peut les saisir (4); c'est elle aussi qui doit nous faire connaître le fait de la révélation (5). Croire c'est acquiescer à une pensée préexistante; c'est « penser avec assentiment (6) ». La
1. « Singula igitur propriis sunt creata rationibus... rerum omnium creandamm creatarumve rationes in divina mente continentur 1. De div. quœst.y 83, 9, 46, 2.