‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 342 sur 374 · hnarr. in ps · texte numérisé non relu

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5 < Hanc imaginera in spiritu mentis impressam perdidit Adam per peccatum, quam recipimus per gratiam justitiœ ». De Gen. ad litt., vi, 27, 38. 6. De corr. et gratia, 12, 34.

Paul (1), cherche à expliquer l'hérédité du péché par la position d'Adam, chef et représentant de la race entière.

Pour le mode de propagation du péché, le saint docteur ne décide rien. Le péché ne peut se transmettre, disaient les Pélagiens, puisqu'il est attaché non au corps, mais à l'âme, et que l'âme est créée par Dieu. Ce doit être surtout cette objection qui empêcha Augustin de se prononcer formellement pour le créatianisme contre le génératianisme. « Ou bien, répondait-il, l'acte générateur ne propage pas seulement le corps, mais aussi l'âme et avec elle le péché, ou bien l'âme créée par Dieu, à cause de son union avec une chair viciée par le péché, est elle-même enveloppée dans la corruption du péché, comme un vase souillé corrompt ce que l'on y verse. Laquelle de ces deux hypothèses est la vraie, je n'oserais prononcer (2). » Cette corruption supposée de la chair aurait pour condition et pour cause la concupiscence déréglée, présidant à Facte générateur (3).

Fidèle à cette idée, Augustin a coutume, lorsqu'il dépeint l'état de l'homme tombé, de mettre au premier plan, la corruption de la nature et le désordre de la concupiscence. 11 enseigne sans doute qu'Adam a perdu par son péché la ressemblance divine surnaturelle, mais il ne proclame pas nettement que c'est dans cette privation qu'il faut chercher l'essence du péché originel; tandis qu'il insiste partout

i. n entend in guo (Rom. v, 12j, in Adamo. Contra Julian., i, 3, 10 cl Op. imp, contra Jul.t i, 47, il cite en l'approuvant le texte de saint Ambroise, Corn, in Luc, vu, 235 : « Fuit Adam et in illo fuimus omnes ; periit Adam et in illo omnes perierunt ».

2. « Profecto aut utrumque viatum ex homine trahitur aut alterum in altero tanquam in vitiato vase corrumpitur, ubi occulta jnstitia divinœ legis induditur. Quid autem horum sit verum, libentius disco quam dico, ne audeam docere quod nescio ». Contra Jul.y v, 4, 17.

3. « Ex hac, inquam, concupiscentia carnis, tanquam filia peccati et, quando illi ad turpia consenti tur, etiam pcccatorum niatre multorum, quracumque nascitur proies originali est obligata peccato >. De nupt. et concupisc., i, 24,

sur la corruption de la créature et sur l'influence corruptrice de la concupiscence déréglée ; il se plaît à dépeindre ce double désordre avec des couleurs d'autant plus tranchées qu'outre l'hérédité du péché les Pélagiens niaient aussi tout autre effet de la chute d'Adam sur la condition de la nature humaine.

En faveur de leur thèse fondamentale que le péché originel a tué ou éteint dans l'homme les facultés morales naturelles, les réformateurs du xvi° siècle et, après eux, Baius et Jansénius aimaient à invoquer l'autorité de saint Augustin. Pourtant ce saint docteur a toujours expressément reconnu à l'homme tombé la liberté de volonté et de détermination, le libre arbitre \ dans le domaine moral (1). Dans l'écrit De spiritu et littera (2) il va plus loin : l'homme tombé, gémissant sous le joug de la concupiscence, non encore justifié, peut non-seulement vouloir, mais encore faire au moins quelque bien, quelque chose de louable et méritoire. Il est vrai que dans les subséquents écrits se multiplient les propositions en apparence contradictoires, que l'infidèle ne peut faire rien de bon et que ses œuvres même extérieurement bonnes sont en réalité des péchés (3). Mais dans tous ces passages le contexte montre qu'il est question de bien surnaturel, d'oeuvres utiles au salut éternel. Saint Augustin présuppose d'une part que, même après sa chute, l'homme est toujours destiné à une fin surnaturelle et doit diriger vers ce but toute son activité morale, de l'autre, que cette fin n'est connue que par la foi et ne peut être atteinte que par la grâce du Sauveur, qui ne s'obtient elle-même que par la foi. Toutes les œuvres de l'infidèle sont péchés en ce sens qu'elles ne se proposent

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