Migre, xxxi
il quitta la Palestine pour rentrer en Espagne à travers l'Afrique; mais il ne dépassa pas l'île de Minorque, d'où, sur le bruit de la guerre qui bouleversait sa patrie, il se réfugia de nouveau en Afrique, auprès de saint Augustin. Il y composa ou du moins acheva, vers 417-418, son ouvrage capital, Bistoriarum adverswn Paganos libri septem (1). A partir de ce moment on perd sa trace; le temps et le lieu de sa mort nous sont inconnus.
Les Histoires, qu'au dire de la préface il avait entreprises à la prière de saint Augustin, devaient former comme un supplément de la Cité de Dieu (2). Elles devaient notamment prouver par le détail que l'humanité avant Jésus-Christ avait eu à souffrir de la guerre, des disettes, des calamités de toute sorte, bien plus encore que dans les derniers temps, et que, par conséquent, les malheurs de l'invasion des barbares ne pouvaient nullement être attribués à l'avènement du christianisme et à l'abolition des cultes païens. Les faits choisis pour faire la preuve sont présentés par Orose en forme d'abrégé d'histoire universelle depuis Adam jusqu'à l'an 417 après Jésus- Christ. L'auteur puise principalement dans l'Ecriture Sainte, dans divers historiens latins et dans la Chronique d'Eusèbe remaniée par saint Jérôme. Pour les quarante dernières années, à partir de 378 environ, les récits d'Orose ont l'autorité propre d'un contemporain. Le style est très inégal selon les divers auteurs qu'il transcrit rapidement. Les réflexions qu'il mêle à ses emprunts sentent fort la rhétorique. Cette œuvre a joui pendant le moyen âge d'une considération particulière. Aussi en possédons-nous près de deux cents manuscrits. Alfred le Grand, roi d'Angleterre, en fit une traduction libre en anglo-saxon.