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XV. Saint Vincent de Lôrina. — Un court écrit du prêtre Vincent, qui appartenait également à la Communauté de Lérins, obtint un extraordinaire succès. L'an 434, Vincent composa, sous le pseudonyme de Peregrinus, deux Commonitoria, qui, d'après une remarque préliminaire, devaient servir à son propre usage, suppléer la faiblesse de sa mémoire, lui mettre toujours à portée de la main la doctrine des Saints Pères (1). Le premier mémoire expose les notes caractéristiques qui permettent de discerner la vraie foi catholique de toutes les nouveautés hérétiques (2). Dans le second l'auteur faisait l'essai des critères proposés et les éclairait d'un jour nouveau en les appliquant à un exemple concret de l'histoire d'hier, à la condamnation du nestorianisme prononcée à Ephèse, il y avait « environ trois ans (3) ». Mais le manuscrit de ce second travail fut volé à l'auteur avant qu'il fût donné au public (4) ; il ne nous en reste que la fin, récapitulation des deux livres (5), et qui a formé depuis les derniers chapitres du mémoire préservé (6).
L'écrit, rédigé en une langue simple, claire et relativement correcte, développe pour la méthode de démonstration de la théologie positive une théorie qui n'a pas vieilli, puisqu'il formule, avec autant de prudence que de justesse, la règle de la foi catholique. Vincent énonce un principe que tous les siècles ont redit et rediront lorsqu'il écrit : « Magnopere curandum est ut id teneamus quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est. Hoc