Ibid
§ 75. — ie pape saint Lèon-le-Gvand et autres écrivains
italiens.
I. Action de saint Léon. — Saint Léon-le-Grand tient, avec saint Grégoire-le-Grand, le premier rang entre tous les papes de l'antiquité. On ignore le lieu aussi bien que la date de sa naissance. Sous saint Célestin I (422-432), Léon était diacre du Saint-Siège et déjà un personnage influent. Dans la préface du De Incarnatione Domini, écrit à sa demande, l'an 430 ou 431, Jean Cassien l'appelle « l'honneur de l'Église romaine et du ministère divin ». 11 se trouvait, en Gaule, chargé d'une importante mission politique, lorsque à la mort du successeur de saint Célestin, saint Sixte III (430-440), il se vit élu pape. Rentré à Rome, il fut sacré le 29 septembre 440.
Les temps étaient sombres et pleins de périls. L'empire romain s'écroulait sous les coups des barbares et avec lui tombait le boulevard extérieur de l'unité de l'Église ; une nouvelle hérésie, l'Eutychianisme ou Monophysisme, qui n'admet dans le Christ qu'une seule nature mixte, levait la tête en Orient et, faisant alliance avec cette erreur, la jalousie byzantine contre l'ancienne Rome apparaissait plus menaçante que jamais. Léon était l'homme que réclamait la situation. Il vit le salut dans la pleine réalisation de l'idée de la primauté pontificale, fondement de l'unité de l'Église. Dominé et mu par cette pensée, il déploya une activité merveilleuse, qui embrassait le monde entier, aussi inébranlable dans ses desseins qu'avisé dans le choix des moyens, à la fois équitable, plein de mesure dans le gouvernement et inflexible dans les questions de foi, aussi savant théologien que diplomate habile.
C'est dans ses négociations avec l'Orient que le génie de Léon se montra dans tout son éclat. La lettre du 13 juin 449 (1) au patriarche Flavien de Constantinople fut le flambeau qui guida les catholiques dans la lutte contre le monophysisme. Le premier, il stigmatisa le synode d'Ephèse de 449 du nom qui lui est resté, de brigandage, rivoSoç Xr.orpixf, (2). Autant il montra d'empressement à sanctionner les décrets du concile de Chalcédoine (451) touchant la foi, autant il mit de résolution à rejeter, malgré les prières de la cour, le canon 28e du même concile, qui élevait le siège de Constantinople, aux dépens des autres sièges patriarcaux de l'Orient.
Saint Léon fut aussi le sauveur de l'ancienne Rome dans les périls temporels les plus extrêmes. En 452, le pontife décida Attila à se retirer; trois ans plus tard, Genséric, sur son intercession, épargna du moins la vie des Romains. De pareils événements ne pouvaient qu'ajouter beaucoup à la considération et à l'importance politique du Saint-Siège, et à ce point de vue le pontificat de saint Léon fait époque dans l'histoire de la papauté. Léon mourut, plein de gloire et de mérites, le 10 novembre 461. De très bonne heure honoré comme saint, il fut mis, par Benoît XIV (1754), au rang des docteurs de l'Église.
II. Ecrits de saint Léon. — Les écrits de saint Léon consistent en prédications et en lettres. Dans l'édition des frères Ballerini, la première classe comprend 116 numéros, dont 96 authentiques (3) et 20 apocryphes ou douteux (4). La plupart sont des sermons de fêtes pour les solennités du Sauveur et de quelques saints. Les cinq premiers furent prononcés aux anniversaires de Tintronisa-
i. Ep. 28.