El st. eccl.. u, 9 : Mighb, P. G., xxi
vaient de tous côtés, qu'il devint l'organisateur de la vie monastique en Orient. La Philocalie d'Origène, cette anthologie du grand exégète alexandrin, fut également le fruit de la collaboration des deux amis.
Vers 364, Eusèbe, le nouvel archevêque de Gésarée, décidait Basile à se laisser ordonner prêtre et à venir habiter la ville épiscopale. A l'avènement de l'empereur Valens (juillet 364), l'arianisme prit un nouvel essor. L'archevêque de Gésarée, à son titre de métropolitain de la Cappadoce, joignait celui d'exarque du diocèse du Pont, l'un des cinq diocèses politiques qui formaient la préfecture d'Orient. La conquête de l'Eglise de Césarée offrait aux sectaires un particulier attrait; ils ne s'y épargnèrent pas. Mais bien qu'en ces tristes jours, l'insuffisance théologique d'Eusèbe favorisât leurs menées, la vigilance et l'éloquence de Basile sauvèrent la foi. « En lui, s'écriait saint Grégoire de Nazianze (1), Eusèbe trouva tout, un sage conseiller, un habile collaborateur, un interprète des Livres sacrés, la lumière qui lui montra son devoir, le bâton de sa vieillesse, le soutien de sa foi; pas de clerc plus sûr, pas de laïque plus versé dans les affaires. » Au reste Basile à Gésarée ne retrancha rien des austérités de sa solitude du Pont. Dans la grande famine dont la Gappadoce et le Pont furent affligés en 368, il consacra tout ce que la mort de sa mère Emmélie venait de lui laisser, au soulagement des malheureux.
III. Saint Basile, archevêque de Césarée. — A la mort d'Eusèbe, en 370, Basile fut choisi pour lui succéder. Election laborieuse, dont l'énergique intervention de Grégoire de Nazianze et du vieil évêque de Nazianze, son père, assura le succès. Basile justifia leur confiance. Remédier aux désordres de la vie des clercs, régler et embellir la liturgie, ouvrir des asiles à toutes les misères humaines,
1. Orat. 43, in laudem Basil. M., n. 33 : Migse, P. G., xxxvi, 541.
rien n'échappa aux ardeurs de son zèle ; Ambroise, à Milan, le prenait pour modèle dans le gouvernement de son Eglise.
Mais les luttes et les douleurs morales ne devaient pas manquer à son épiscopat. La province de Cappadoce est partagée, vers Tan 371, en deux provinces chacune avec sa capitale, ici Tyane, là Gésarée, et la délimitation des deux juridictions métropolitaines, de soulever aussitôt entre Basile et l'archevêque de Tyane, Anthime, de violents et pénibles conflits. La douceur et la condescendance de Basile pour le rusé et mobile Eustathe, évoque de Sébaste, attirent à notre saint les soupçons et les reproches. Vainement il revient à la charge et s'épuise en efforts pour éteindre le schisme mélétien à Antioche ; il n'y parvient pas.
C'était surtout à la lutte contre l'arianisme que Basile semblait prédestiné, et de fait, c'est lui qui, pareil au phare dans la nuit et la tempête, indiqua aux âmes de bonne volonté la voie sûre pour entrer au port. Contre lui s'émoussèrent tous les coups de l'hérésie ; violences et menaces, flatteries et fourberies, ressources de la dialectique et illusions de l'exégèse, rien ne put l'abattre ni l'ébranler. C'est à Basile, après saint Athanase, que les Eglises d'Orient durent de pouvoir, à l'avènement de Théodose, recouvrer la paix. L'archevêque de Gésarée put en saluer du moins l'aurore à l'horizon. Faible de corps, consumé depuis longtemps par la souffrance et les austérités, il mourut le i" janvier 379.
IV. Théologie et polémique. — La théologie dogmatique, l'exégèse et plus encore la vie morale et spirituelle, tout, sans parler des homélies et des lettres, a exercé la plume du saint docteur.
Les traités dogmatiques qui nous sont parvenus, vont tous à réfuter l'arianisme. L'ouvrage contre Eunomius (1),