P. G.t xxxi
« C'est la foi qui doit, là où Ton parle de Dieu, nous servir de guide, la foi et non la raison ; la foi qui réclame plus énergiquement que nos idées l'assentiment de notre esprit ; la foi qui n'est pas produite en nous par je ne sais quelle nécessité géométrique, mais qui germe et croît en nos âmes par l'efficace du Saint-Esprit » (l). Or, c'est à la tradition de déterminer les articles de cette foi. « Nous n'admettons pas une foi nouvelle, puisée à d'autres sources, et nous ne nous avisons pas non plus de prêcher nos propres réflexions, crainte de donner aux idées de la sagesse humaine la couleur des dogmes chrétiens ; mais, ce que les saints Pères nous ont appris, nous le communiquons à qui nous questionne (2). »
Gardez-vous de croire que l'Ecriture renferme tout le dépôt de cette tradition ; elle n'en renferme qu'une partie. « On s'élève, dit saint Basile, contre la formule : Avec le Saint-Esprit (3), sous prétexte que l'Ecriture n'en parle ni ne s'en sert ; voici ma réponse ; oui, si l'on n'admet rien qui ne soit dans l'Ecriture, ma formule ne doit pas être admise; mais si la plupart de nos rites et de nos prières, xà «Xeiarua xwv fjLuarxtxûv, sans nous être venus par l'Ecriture, trouvent aecès chez nous, pourquoi ne pas accueillir cette formule avec bien d'autres ? Je tiens pour conforme à l'esprit des apôtres d'adhérer même aux traditions qui ne découlent pas de l'Ecriture, et j'en appelle à l'autorité de saint Paul... » Suivent deux textes, I Gor. xi, 2, et HThess.ii, 15(4).
IX. Dogme trinitaire. — Basile est le second d'Athanase, et dans les discussions théologiques qui remplissent sa vie, le dogme trinitaire occupe, sur le premier plan, la place qu'exigeaient les besoins de l'Eglise. Faisant front à la
i. Hom. in pi. cxt : P. G., xxx, 104.