‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 68 sur 374 · Cf. Supra, § 49, m · texte numérisé non relu

Cf. Supra, § 49, m

églises et réduits à n'être plus qu'une poignée, se sentaient à deux doigts de leur ruine définitive. Sitôt que l'avènement de Théodose, le 19 janvier 379, eut fait luire à leurs yeux l'aurore d'un meilleur avenir, ils implorèrent le secours de Grégoire, et celui-ci ne résista point à leurs instances et à l'espoir de rétablir la vraie foi dans la capitale de l'Orient. Il y déploya la plus rare et la plus féconde activité. En vain les ariens de toutes nuances s'épuisèrent-ils à déjouer ses projets, à contreminer ses travaux ; en vain ils réussirent à souffler la discorde parmi les catholiques, et allèrent plus d'une fois jusqu'à comploter la mort de Grégoire. Rien n'arrêta le zèle de l'apôtre; sa merveilleuse éloquence, qui électrisait les âmes, triompha de tout. Si grande était sa renommée qu'un saint Jérôme, dans la maturité de l'âge, • entreprit le voyage de Gonstantinople pour entendre Grégoire dans sa chaire et plus encore pour s'instruire à ses leçons privées dans la science des Ecritures.

Le 24 décembre 380, Théodose faisait son entrée dans Gonstantinople et restituait aux catholiques l'église cathédrale, celle probablement des saints Apôtres, que possédaient les Ariens. Les fidèles demandaient à grands cris pour évêque le restaurateur de l'orthodoxie ; mais Grégoire demeura inflexible, et attendit, pour monter sur le siège archiépiscopal, que le deuxième concile œcuménique de Gonstantinople qui s'était ouvert sur la convo- *

cation de l'empereur, au mois de mai 381, reconnût et consacrât ses droits. Il avait à cœur d'éteindre le schisme mélétien d'Antioche, et ce fut avec une douleur amère qu'il vit ses efforts se briser contre l'opposition des plus jeunes membres du concile. Puis, les évoques d'Egypte et de Macédoine tardivement convoqués, survinrent et contestèrent la régularité de sa nomination. Grégoire alors n'hésita plus ; il se démit de la dignité et de la charge qu'il venait à peine d'assumer, et rassemblant le peuple

et le concile dans la cathédrale, il annonça, par un dernier discours d'une émotion et d'une grâce infinies, sa résolution et sa retraite.

De Gonstantinople il partit, probablement au mois de juin 381, pour Nazianze. Cette Eglise était, depuis la mort du vieux Grégoire, restée orpheline; deux années durant, le saint docteur l'administra et la défendit des assauts de l'apollinarisme; enfin, vers 383, il put lui procurer en la personne d'Eulalius le pasteur de ses vœux, et se retira près d'Arianze, sur le domaine de ses pères, où il était né. C'est apparemment là qu'il acheva sa vie (f 389 ou 390), adonné aux pratiques austères de l'ascétisme chrétien, et revenant à cette passion des vers qui avait enchanté sa jeunesse.

IV. Discours de saint Grégoire. — Les œuvres de saint Grégoire se divisent en trois groupes : Discours, Lettres et Poésies.

C'est aux discours (1) qu'est due la première place. Des 47 discours qui ont survécu, les plus importants et de tout temps les plus fameux, sont les discours 27-31. Grégoire, qui les a prononcés dans Constantinople, y défend victorieusement contre les Macédoniens et les Eunomiens la théologie chrétienne sur le mystère de la Trinité. Aussi les a-t-il intitulés, selon le langage de saint Athanase et des autres Pères, Discours théologiques, oi ^ eeoXo^aç Xo-pt, et, par leur solidité comme par leur vigueur, ces discours lui ont acquis à lui-même le titre de Théologien. Après avoir „ dans son premier discours, examiné diverses questions préliminaires, l'orateur, dans le second, proclame l'existence, la nature et les attributs de Dieu, autant du moins que la raison de l'homme peut les concevoir et sa parole les exprimer. Le troisième discours publie avec la trinité la consubstantialité des personnes divines, celle du Fils en

Page 1