‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 7 sur 374 · Ibid.t xliii · texte numérisé non relu

Ibid.t xliii

§ 43. — l'arianisme, etc. 47

Saint Jérôme (1) mentionne'avec une particulière reconnaissance les trente livres qu'Apollinaire le Jeune écrivit contre le néoplatonicien Porphyre (f vers 304) ; cet ouvrage, l'un des meilleurs en la matière, est aujourd'hui perdu.

Mais Apollinaire le Jeune, malgré son attachement passionné au symbole de Nicée, ne sut pas se préserver de l'erreur ; il fraya les voies à Eutychès, et l'hérésie, qui fut son œuvre et reçut son nom, ravagea les Eglises d'Orient. Apollinaire s'imagina qu'il ne pourrait pas sauver la nature divine du Rédempteur, sans mutiler sa nature humaine. Reconnaître à la fois en Jésus-Christ un vrai Dieu et un homme complet, c'était, aux yeux de l'évêque de Laodicée, admettre deux fils de Dieu, l'un selon la nature, l'autre par adoption ; car le moyen que deux êtres complets puissent se fondre en un être unique (2) ? De plus, Jésus-Christ, homme complet avec la volonté de l'homme, ne saurait prétendre à l'impeccabilité (3). Le Fils de Dieu a bien pris une chair vivante, un corps humain avec l'âme qui l'anime, mais il n'a pas eu besoin de prendre et n'a pas pris une âme raisonnable, un entendement humain, vous ou iivcûpa ; la divinité même lui en tient lieu. Cette erreur fut combattue par saint Athanase, ou du moins par l'auteur ou les auteurs des deux livres Contre Apollinaire qu'on trouve parmi les œuvres de Tévêque d'Alexandrie, par saint Grégoire de Nazianze, par saint Grégoire de Nysse, etc. Le deuxième concile général de Constantinople, en 381, anathématisa, dans son premier canon, l'hérésie des Apollinaristes.

Sur les œuvres théologiques d'Apollinaire, saint Jérôme se tait. On croyait, il y a peu de temps encore, ne plus rien avoir des traités sur la Trinité et l'Incarnation, sauf

Page 1