Poèm., liv. H, sec. lre, carm. 39 : xxxvii
2. La critique française, moins sévère pour saint Grégoire, a comparé sonvent certaines de ses élégies à des Méditations de Lamartine, et, malgré les longueurs et la monotonie de sa poésie, en a reconnu « les deux dons précieux, la grâce naturelle et la mélancolie vraie. » c Ce n'est pas la poésie d'Homère ; c'est une autre poésie qui a sa vérité, sa nouveauté, et dès lors sa grandeur. » Vilumaih, Tableau de V éloquence chrétienne au ire siècle, p. 133-143, nouv. édit, Paris, 1880. Cl. de Broglie, L'Eglise et l'Empire rom. au it« siêole, 4« éd. Paris, 1882 t. VI, p. 511 ; 6. Boissraa, La fin du paganisme, t. II.p. 149, Paris, 1890. (N. dis T.).
Pères de l'Église, T. H. 7
4e pentamètres, d'hexamètres et d'autres formes iambiques et anacréontiques, on aperçoit dans quelques vers les premiers avant-coureurs de la poésie moderne ; un Hymne du soir et une Exhortation aux vierges (1) sont, dans la littérature grecque, le plus lointain exemple de ces vers nouveaux, de ces lignes de prose rhythmique, où l'accent tonique remplace la quantité. On doit notamment à Cosmas le Chanteur (2) des scolies sur les poésies de saint Grégoire.
Un choix des Epigrammes de Grégoire (sur saint Basile, sur sainte Nonna, sur Gésaire, etc.) a trouvé place dans le huitième livre de Y Anthologie grecque.
La tragédie du Christ souffrant (3) est apocryphe ; c'est probablement une œuvre du xn* siècle, dont Théodore Prodromus serait l'auteur.
VI. Portrait de saint Grégoire. — Agitations et contrastes, voilà dans ses alternatives de retraite et d'action, d'orages et de repos, toute la vie de saint Grégoire ; on dirait le flux et le reflux perpétuel de la mer. Dans la vivacité de Tâge et du talent, Grégoire soupire après la solitude et le silence de la contemplation; les instances de ses amis et sa propre conscience entraînent ce caractère froissé par le monde au fort de la mêlée, et lui font prendre énergiquement part aux luttes et aux épreuves de F Eglise.
Sur ce terrain brûlant, c'est aux séductions de son éloquence qu'il doit son merveilleux succès. Prince de l'Eglise, Grégoire de Nazianze n'égale pas le génie de saint Basile, dont il n'a ni l'ascendant moral ni l'art de gouverner ; mais il a dans l'imagination quelque chose de plus brillant et de plus gracieux, il appelle à son secours toutes
1. Point, liv. I, sect. Ir«, carm. 32 ; sect. II, carm. 3 : P. G.t xxxvrr, 51!- 514. 632-640.
2 V. Infra, S 82, vi.