P. £., xxxviii, 133-33S
les inspirations et tous les artifices de l'art oratoire," et compte sûrement parmi les premiers orateurs de l'antiquité chrétienne, non sans payer, lui aussi, tribut au goût de son temps, à la recherche et à l'afféterie. Il est, comme son ami, zélé pour la doctrine d'Athanase, et, dans sa chaire, c'est la foi traditionnelle qu'il prêche et défend. Il s'applaudit lui-môme d'avoir inviolablement gardé, sans jamais se plier aux circonstances, la doctrine qu'il avait puisée dans l'Ecriture et reçue des saints Pères (1). Ailleurs il proteste énergiquement, quant au mystère de la Trinité en particulier, qu'il modèle son enseignement sur celui des pêcheurs Galiléens, et ne prend point pour guide Aristote (2).
Grégoire de Nazianze n'est pas non plus un philosophe comme Grégoire de Nysse ; les spéculations méthaphysiques n'ont pour lui nul attrait. Mais en lui, bien plus qu'en son glorieux homonyme, on peut saluer le champion et le représentant de la foi de l'Eglise grecque à la fin du ivc siècle. De très bonne heure on a regardé et révéré sa doctrine comme une règle de foi; témoin le langage de Rufin d'Aquilée, dans la préface de la traduction latine qu'il a donnée de quelques discours du saint docteur. a C'est, écrit-il, une preuve manifeste d'erreur dans la foi que de ne pas s accorder avec la foi de Grégoire (3). » Après lui les théologiens grecs, entre autres saint Jean Damascène (4), se sont plu à puiser dans les ouvrages du Théologien par excellence de l'Orient.
VII. Mystère de la Trinité. — L'attitude et le langage de saint Grégoire en face de larianisme méritent bien que Ton s'y arrête un peu. Ce n'est pas seulement une nécessité de son temps qui décide le saint docteur à vouer, pour