‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 74 sur 374 · Cf. Supra, $ 85, m · texte numérisé non relu

Cf. Supra, $ 85, m

ainsi dire, sa vie entière à l'étude et à l'apologie du dogme de la Trinité; si Grégoire» dans aucun discours ne peut s'en taire, c'est qu'il suit la tendance et satisfait au besoin de son propre génie. La citation que nous lui empruntons (1) offre un abrégé précis et complet de sa doctrine. « Voici le symbole que je vous donne, pour vous accompagner et vous soutenir dans toute votre vie : une seule divinité et puissance, en trois personnes unies et distinctes une, sans nulle différence d'essence ou de nature, que n'augmente aucune addition, qu'aucune soustraction n'amoindrit, absolument égale et absolument la même, comme Tunique beauté et l'unique grandeur du ciel ; l'union infinie de trois infinis ; Dieu, si on considère chacune das hypostases en soi, comme Père et Fils, comme Fils et Saint-Esprit, sans que nulle d'entre elles perde son caractère personnel; Dieu toutes les trois, quand on les considère ensemble, l'un à cause de l'unité d'essence (consubstanlialité), l'autre à cause de l'unité de principe (monarchie). À peine ai -je conçu l'unité dans mon esprit que les trois m'enveloppent de leur clarté ; à peine ai-je distingué les trois que je suis aussitôt ramené à l'unité. Si je considère l'un des trois, je le tiens pour le tout ; mon œil à trop à contempler, et beaucoup m'échappe. Je ne puis pas embrasser la grandeur de l'un, pour attribuer la plénitude aux autres ; mais, si dans ma pensée j'embrasse les trois je n'aperçois qu'un seul rayon, et je suis incapable de distinguer ou de mesurer la lumière unie. »

Quant à la divinité du Saint-Esprit en particulier, Grégoire approuve la prudence et la discrétion de saint Basile dans la défense de la vérité (2). Mais, qu'il est loin de témoigner lui-même d'une égale réserve ! Vers l'an 379, il pose ouvertement la question (3). « Jusques à quand met-

i. Or. 40, n. 41. P. G., xxxvi, 417.

Page 1