V. S. Gaio. de Nysse, Ep. 1 : P. G.f xlyi
trésor d'instructions morales, et dans ce but, il n'hésite point à faire bon marché du sens littéral, sinon à le rejeter complètement; Grégoire lui-même, au début de ses Homélies sur le Cantique des Cantiques, nous expose nettement et précisément sa méthode.
Vers 379, à la prière de son frère Pierre, qui pour lors occupait ïe siège de Sébaste, il écrivait deux ouvrages d'exégèse, l'un sur la création de l'homme, nept xaTaaxeuf4ç àvepamou (1), l'autre sur l'œuvre des six jours, 'AuoXoyijtixoç iwpî ttîc àJar^Êpoo (2). Le traité de la création de l'homme, qui est le premier en date, et où se trouvent de curieux détails d'anatomie, complète et achève l'Hexaméron de saint Basile (3) ; Y Apologie de fHexaméron prend en main la cause de Moïse, avec celle de Basile son interprète, et dissipe certains malentendus (4).
C'est là surtout qu'à l'exemple de l'archevêque de Césarée dans son Hexaméron, Grégoire s'étudie à suivre inviolablement le sens littéral; vers la fin (5), il exprime lui-même la joie qu'il ressent de n'avoir jamais forcé le texte biblique jusqu'à le tourner en figures et en allégories. Mais Tévêque de Nysse n'avait pas, comme saint Basile, le don de tout embellir par l'imagination et le sentiment ; rien de plus sensé, rien aussi de plus sec et de plus froid que son ouvrage.
Plus tard, lorsqu'il déroule aux yeux d'un certain Césaire la vie de Moïse (6), ce type éclatant, ce modèle de sainteté, il ne se fait pas faute de courir après les allégories les plus subtiles et les plus risquées.
Les deux livres où Grégoire explique les titres des
i. P. 0., xxvi, 125256.