‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 85 sur 374 · P. G., xlvi · texte numérisé non relu

P. G., xlvi

Ambrosia, l'autre, la 2e, sur les pèleri s de Jérusalem. L'évêque de Nysse avait été chargé, par le synode d'Antioche de l'an 379, ou, suivant une autre opinion, par le deuxième concile œcuménique, de réformer les Eglises de Palestine et d'Arabie ; et, à cette occasion, il visita les saints lieux. Dans la première de ces lettres, il dépeint la bienfaisante impression que fait un pèlerinage aux lieux saints, et déplore amèrement les tristes dissensions de l'Eglise de Jérusalem, Après avoir blâmé la licence et la vie aventureuse que le voyage de Jérusalem entraînait trop souvent, la seconde lettre rabaisse les avantages spirituels qu'on y attachait; peut-être que le zèle de Grégoire contre les abus Ta empêché de rendre pleine justice à l'excellence de la vraie dévotion (1).

VI. Caractère de saint Grégoire. — C'a été, auive siècle, la mission et l'honneur de saint Grégoire, d'appuyer sur la philosophie l'exposition et la défense de la foi chrétienne. Grégoire est un savant, il est même philosophe autant que théologien (2). Mais le soin des affaires, la direction des âmes et le gouvernement d'une Eglise ne l'attirent guère et ne sont pas du tout son fait. Saint Basile a plus d'une fois à se plaindre de la bonhomie et de la naïveté de son frère (3); plus tard, en une autre occasion, il déplorera l'inexpérience absolue de Grégoire dans

1. Le pape Benoit XIV en a repris fortement l'évéque de Nysse. V. la constitution Aposiolica, § 9, dans le Bullar. Rom. Bened. xiv, t. III, p. 65-66. (S. MB T.).

2. U n'y a pas, entre le philosophe et le théologien, trace de cette cloison étanche qu'imagine Reiche, à la suite d'Harnack et de Mœller : V. Grëg. de Xgsse et les éléments artistiques de sa théorie du monde et de la vie, Iéna et Leipzig, 1697, p. 39, note 2. Mais saint Grégoire, resprit le plus spéculatif de tous les Pères Grecs du iv* siècle, est celui que l'école néoplatonicienne a marqué le plus fortement, sinon le plus malencontreusement, de son empreinte. La théorie mystique de Grégoire, que l'autorité du Pseudo-Aréopagite a reléguée plus tard dans l'ombre, s'est aussi grandement inspirée de Philon. V. H. Koch dans la Rev. trim. de tliêol. ; 189S, t. LXXX, p. 377-420. (N. dis T.).

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