‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 87 sur 374 · P. G„ xxv · texte numérisé non relu

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notre langue et ne plus étendre le nom de la nature à une foule d'individus, que de porter, avec nos habitudes de langage, Terreur dont nous sommes ici victimes, dans le domaine de la théologie ».

C'était confondre l'idée abstraite, qui ne s'accommode sans doute pas du pluriel, et l'idée concrète qui, au contraire, l'exige. La méprise éclate encore plus visiblement dans l'opuscule où Grégoire combat les païens au nom du sens commun (1). « Pierre, Paul et Barnabe, dit-il, en tant qu'hommes, sont un seul homme, et sous ce même aspect, en tant qu'hommes, ils ne sauraient être plusieurs ; c'est par catachrèse et non selon la propriété des termes, qu'on parle de plusieurs hommes ».

Quant à l'unité de Dieu ou de la divinité, poursuit Tévêque de Nysse dans l'opuscule que nous avons cité le premier, tenons-y ferme ; car le mot Dieu désigne toute une activité, non pas la nature ; 0eck se rattache au verbe Osîseau, et s'entend de celui qui voit tout. Or, cette activité est toujours nécessairement unique, bien que les trois personnes divines y prennent également leur part. Rien, évidemment, ne rappelle ici l'activité de trois philosophes ou de trois rhéteurs.

« En ce monde, il est vrai, comme chacun déploie dans les mêmes occupations son activité personnelle, on a raison de dire qu'il y a plusieurs hommes actifs, puisque chacun d'eux, dans sa sphère, se distingue des autres par le caractère propre de son activité. Mais sur la nature divine, on ne nous a pas enseigné que le Père fasse rien seul et sans le concours du Fils, ni que le Fils fasse rien seul, sans le concours du Saint-Esprit; toute l'activité qui, de Dieu, se déploie sur les créatures et qui, de ses diverses opérations, reçoit des noms différents, a sa source dans le Père, s'écoule par le Fils et se termine dans le Saint-

i. Ibid., XLTf 180.

Esprit. Aussi, n'est-il pas question de plusieurs activités, sous prétexte qu'il y a plusieurs personnes qui agissent ; car chaque personne ne se manifeste point à part et séparément; mais il ne se produit rien, ni pour veiller sur chacun de nous, ni pour ordonner et gouverner l'univers, où les Trois ne mettent la main, sans pourtant qu'il y ait trois actions (1)».

Le parallèle s'impose donc entre les relations immanentes des trois Personnes divines et le mode de leur participation à l'unique et indivisible activité de Dieu ad extra. C'est une pensée familière à l'évêque de Nysse (2). Mais il se place, en général, sur un autre terrain, et c'est expressément sur les relations immanentes des trois personnes divines qu'il fait reposer toute leur distinction. 11 précise en même temps, avec une pénétration et une clarté vraiment surprenantes, les relations du Saint- Esprit avec le Père et avec le Fils.

« Peut-être, dit saint Grégoire vers la fin de l'opuscule dédié à Ablabius (3), peut-être accusera-l-on notre théorie d'aboutir, en supprimant toute distinction quant à la nature, à mêler et à confondre les hypostases. A ce reproche, nous répondons qu'en maintenant l'identité de la nature, nous ne contestons nullement la distinction de cause et d'effet. C'est la seule distinction que nous trouvions entre l'un et l'autre; car nous croyons que l'un est cause, mais que l'autre procède de la cause, et, dans ce qui procède de la cause, nous admettons encore une autre distinction. C'est-à-dire que l'un procède immédiatement de la cause* et que l'autre n'en procède que par l'intermédiaire de la seconde personne. En sorte que le Fils garde, à n'en douter pas, son propre caractère, d'Unique Engendré,

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