De hominis opificio, De anima et resurrectione, etc
corps ; mais le corps ne préexiste pas non plus à l'âme, quoiqu'on Tait parfois inféré du récit mosaïque de la création (1). Les deux éléments constitutifs de la nature humaine entrent à la même heure, à la même minute, dans la vie (2). Dès cette heure, dès cette minute, ils sont et demeurent intimement unis; la mort même ne rompt pas définitivement leurs liens, et, après une séparation passagère, ils se retrouveront pour ne plus être jamais séparés. C'est la doctrine de l'Eglise que notre corps ressuscité sera précisément notre corps d'ici-bas. Ecoutonslà-dessus Grégoire de Nysse (3).
« L'âme ressent, de par la nature, un attrait, un amour singulier pour le corps qui lui aservi de logis. Aussi, gardet-elle en son fond, du fait des liens (antérieurs) je ne sais quelle connaissance de sa demeure d'autrefois ; car la nature imprimant certaines marques, veille à ne pas laisser les corps s'absorber dans la matière commune, mais à les distinguer entre eux nettement... Qu'y a-t-il donc de si déraisonnable à croire que, dans la résurrection, les corps se dégageront de la matière commune et recouvreront leurs caractères distincts. Examinons de plus près notre nature, et la vérité nous paraîtra dans tout son jour.
« Notre corps, en effet, n'est pas complètement soumis au cours du temps et aux métamorphoses. Non, l'on ne saurait concevoir que la nature lui eût absolument refusé toute persistance. Une étude attentive nous fait voir qu'il y a en nous quelque chose de fixe et quelque chose qui change sans cesse. Le corps se transforme par accroissement et par déperdition. Mais la forme, -cô f".oo;, au milieu de toutes les transformations reste immuablement la même... La forme restant gravée dans l'âme comme l'empreinte sur la cire, il ne se peut que l'âme ne connaisse pas ce
i. De hom. opif., ch. xxyih, P. G.% xliv, 229.