‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 118 sur 228 · MlGffB, P. G. % YIIl-IX · texte numérisé non relu

MlGffB, P. G. % YIIl-IX

6, Cf. surtout Pédag., i, 1-3 : Migre, tiii, 249-252, 260.

m majeure partie pendant les dix dernières années du li° siècle, est une introduction ou initiation au christianisme.

La première partie, intitulée Exhortation aux Gentils (1), se rattache étroitement, pour la forme et pour le fond, aux écrits des apologistes de l'âge précédent. C'est une apologie de plus, combattant les religions païennes et relevant la vérité du christianisme, avec cette seule différence que Clément est pourvu d'une plus vaste et plus profonde connaissance de l'hellénisme. L'Exhortation est mise dans la bouche du Logos. Le début, de grande allure, est un éloquent appel aux lecteurs, invités à prêter l'oreille, non plus aux chants mythiques sur les dieux païens, mais au cantique nouveau, dont le Verbe, sorti de Sion, est le chantre en même temps que l'objet.

La présente Apologie n'en marque pas moins une révolution dans l'Apologétique chrétienne. Son but ne peut être parfaitement saisi qu'avec celui de l'ouvrage dont elle fait partie. Or, cet ouvrage est fait pour des chrétiens, et en réalité Y Exhortation s'adresse, elle aussi, non aux païens, mais aux chrétiens ; le paganisme que Clément combat, au fond, c'est le paganisme pratique, non encore complètement vaincu dans les mœurs et le3 habitudes des chrétiens.

Le Pédagogue , qui fait suite à Y Exhortation, se divise en trois livres. Arraché au paganisme et gagné à la vérité chrétienne, le lecteur a besoin d'être formé à la vie nouvelle, seule digne d'un chrétien. C'est encore le Logos qui parlera, prenant le rôle d'éducateur, miU^iç. Le 1" livre est rempli par des considérations théoriques sur le besoin de cette éducation morale avant la formation scientifique, sur le Logos vrai éducateur du genre humain, etc. Les deux autres livres contiennent les préceptes détaillés de

i. Afyoç irpoTpeiroxôc irpoç "EXXijvaç.

l'éducateur divin, préceptes qui s'étendent à toutes les matières, à toutes les circonstances imaginables, commençant par la sobriété dans les repas, combattant « le démon du ventre, le pire et le plus pernicieux des démons ».

III. Les Stromates. — Avec le Pédagogue, la formation morale ou pratique se trouve achevée ; l'élève est mûr pour la Gnosej comme l'appelle Clément, c'est-à-dire pour la conception scientifique et théorique du christianisme. Cette Gnose sera l'objet de la troisième partie, intitulée Stromates, crcpwjxaTeïç (1), couvertures ou tapis de couleurs variées, bigarrures. La littérature grecque de l'époque donnait volontiers les titres de Tapis t Broderies (ire<m>{) et semblables à des écrits s'étendant librement et à l'aventure sur des sujets divers.

Mais au début des Stromates, évidemment à cause de la nature spéciale de la matière qu'il va traiter, l'écrivain se pose cette grave question : Est-il permis d'écrire? La vérité chrétienne, objet de la tradition orale, est-il permis de la confier aussi à l'écriture, exposée à tant de malentendus, livrée à tant d'abus? Clément surmonte ce doute : l'enseignement par le livre a aussi ses avantages. Du reste, il ira prudemment : « les Stromates renfermeront la vérité, mêlée aux doctrines des philosophes, ou plutôt cachée et enveloppée comme le noyau sous l'écorce (2). »

Clément traite dans la suite une multitude de sujets divers : sens des monuments de la révélation de l'Ancien et du Nouveau Testament, valeur et portée de la philosophie grecque, rapport du christianisme et des religions païennes, les questions, les plus importantes pour l'époque, de la morale chrétienne, mariage et célibat, ascèse, mar-

1. Titre complet xcrcà x^v àXT)0f) <ptX<JO<p(av yvuwcivxwv ji V T 4 |iûcxtov arpente tç. Strom. i, 29 : Migwi, tiii, 929, et alibi.

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