‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 119 sur 228 · i, I : Micifi, tiii · texte numérisé non relu

i, I : Micifi, tiii

yre, etc. La manière de l'auteur est caractérisée, semble- -il, par un manque complet de plan et d'ordre. L'auteur îst toujours prêt à s'écarter de son sujet, il trouve toujours occasion de revenir au thème abandonné, mais jamais il ne pousse une question jusqu'à sa solution définitive.

Ce manque apparent de méthode est voulu ; c'est sa méthode. « Les fleurs aux couleurs variées dans la prairie et les arbres fruitiers dans le jardin ne sont pas rangés à part, par espèces... C'est ainsi que de toutes les pensées qui nous sont venues à la mémoire sans nulle étude de style ou de classement, mais à dessein jetées pêle-mêle, s'est formé, semblable à une prairie diaprée, l'ouvrage divers des Stromates (l). » Il exprime plus clairement et plus complètement sa pensée en un autre endroit (2) : c Les Stromates peuvent se comparer, dit-il, non aux jardins cultivés, plantés en belle ordonnance, pour le plaisir des yeux, mais plutôt à une montagne toute couverte d'arbres, de cyprès et de platanes, de lauriers et de lierre, mais aussi de pommiers, d'oliviers et de figuiers, de telle sorte que les arbres fruitiers et les stériles soient à dessein mêlés ensemble, puisque la Sainte Ecriture, à cause des voleurs qui enlèvent et emportent les fruits mûrs, veut demeurer cachée... Les Stromates ne se préoccupent donc ni de la suite, ni du style, comme les païens eux-mêmes tout exprès renoncent aux ornements du langage et sèment leurs dogmes obscurément et sans suite méthodique, voulant que les lecteurs se donnent de la peine et s'ingénient à trouver. »

Ces observations de l'auteur lui-même ne s'appliquent pas seulement à l'ordonnance de chaque livre en particulier; elles sont vraies de l'ensemble des Stromates ; on n'aperçoit notamment d'un livre à l'autre nulle suite, nulle

i. ti, 1 : Migri, ii, 209.

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