‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 12 sur 228 · I. La langue des écrivains ecclésiastiques grecs. — Le · texte numérisé non relu

I. La langue des écrivains ecclésiastiques grecs. — Le

grec était, au temps de Jésus-Christ, la langue littéraire du monde civilisé, non pas le grec de Thucydide, d'Isocrate et de Démosthène, mais cette langue commune, xotvi5 8taXs/.To<;, qui s'était formée depuis les conquêtes d'Alexandre et avait en définitive partout prévalu. Alexandrie en avait été le principal berceau, et dans le vocabulaire comme dans la syntaxe, les divergences avec le dialecte attique n'y manquaient pas. Ce fut jusque dans l'Occident, à Rome même et dans le nord de l'Afrique, la langue littéraire des premiers siècles chrétiens.

Mais, dès la première heure, les auteurs ecclésiastiques se distinguent des auteurs profanes contemporains par leurs concessions plus ou moins étendues aux idiomes po-

pulaires, qui vivent à côté de la langue des lettré3 et sont marqués diversement au coin des temps et des lieux. Le Nouveau Testament parle déjà bien moins, après tout, la langue commune que la langue du peuple (1). Entre les mains des écrivains ecclésiastiques de l'âge suivant, la parole n'est en général qu'un simple instrument au service de leurs idées, et, pour se faire entendre plus aisément, ils n'hésitent point à faire bon marché des règles de la grammaire, à les jeter au besoin par-dessus bord. Dès le ii e siècle, pourtant, quelques auteurs travaillent et réussissent à se modeler sur les maîtres de l'art classique, et à faire revivre dans leurs ouvrages la pureté et l'élégance du dialecte attique. Un travail analogue se révéla, avec plus de sucés encore, chez les grands docteurs du iv° siècle, depuis saint Athanase jusqu'à saint Jean Chrysostome. 11 s'en faut néanmoins que la science ait dit son dernier mot sur la langue des écrivains ecclésiastiques grecs ; elle n'en a point encore déterminé pleinement le caractère, ni pénétré l'évolution historique dans toutes ses phases.

Sur la connaissance et l'usage du grec à Rome, cf. Caspari, Documents inédits, peu ou point remarqués^ pour servir à l histoire du symbole du baptême et de la règle de foi f m, p. 267-466, Christiania, 1875 (2). — Les ouvrages grecs de Tertullien (V. § 36, ix) attestent la diffusion du grec dans l'Afrique du nord. Mais, dans le texte grec des Actes des martyrs scillitains et dans celui des Actes de sainte Perpétue et de sainte Félicité (V. § 26, n, m), la critique se refuse de plus en plus à reconnaître les textes originaux.

Le Thésaurus ecclesiaslicus de Suicer est, pour l'intelligence des auteurs ecclésiastiques grecs, un dictionnaire précieux, que Ton peut toujours consulter avec fruit. Imprimé, en 1682, à Amsterdam, 2 vol. in-f*, il y a été réimprimé en 1728 ; une autre édition a paru àUtrechteu 1746. V. aussi Nolhnagel, Spécimen supplementorum in Suiceri thesaurum eccl.j Nuremberg, 1821, in-8°.

Le grec de la basse époque fait l'objet de deux ouvrages considéra-

1. Cf. M. l'abbé Joseph Viteau, Etude sur le Greo du Nouveau Testament, Paris, 1893. (N. des T.). — 2. S. Victor est le premier pape qui ait écrit on latin» V. Uârraci, Op. oit. p. un. (N. des T.).

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