OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
blés, l'un du savant Du Gange, mort en 1688, l'autre du célèbre Henri Estienne, mort en 1598. Ou Fresne du Cange, Glossarium ad scriptores médise et infinœ grœcilatis, Lyon, 1688, 2 vol. in-f°. Henri Estienne, Thésaurus grxcx linguœ. Une édition nouvelle, augmentée et refondue, en a été donnée par MM. Hase, de Sinner et Th. Fix, Paris, 1831-1865, 8 vol. in-f°. Elle trouve son complément, pour la période qui va de Tan 446 av. J.-C. à l'an 1100 de notre ère, dans le lexique de Sophoclès, Greek Lexicon oj the Roman and Byzantine Periods, New-York, 1887, in 4°.
II. Coup d'œil général sur la littérature grecque de la première période. — Les premiers pas de la littérature patristique sont enveloppés d ombres. Les plus vieux monuments en sont, pour une grande partie, perdus. Il n'en reste que des débris épars dans les œuvres des Pères apostoliques. Depuis le xvn e siècle, on s'est accoutumé à regarder les Pères de ce nom et à les étudier comme un groupe spécial d'écrivains ecclésiastiques, mais, au fond, pas de lien d'union intime entre eux, rien qui fasse d'eux une véritable famille.
Il n'en va 'certes pas ainsi des Apologistes du 11 e siècle. Tous ils poursuivent le même but, et, généralement, ils se servent des mêmes moyens. C'est à la lutte de l'Église contre le paganisme et contre le judaïsme que la littérature apologétique doit sa naissance et ses premières richesses. Elle s'adresse d'abord aux infidèles, bien que ce soit en réalité la société chrétienne qui lui fournisse dès le début la plupart de ses lecteurs. Avec le m 8 siècle l'Apologétique voit son champ d'action s'élargir ; souvent elle prend à partie une classe de lecteurs qui se nomment euxmêmes chrétiens, mais que leur vie et leur foi rangent forcément plus ou moins parmi les infidèles.
Dès le n e siècle, les apologistes sont presque tous en même temps des polémistes; pendant que d'un bras l'Église refoule paganisme et judaïsme, de l'autre elle frappe à coups redoublés l'hérésie. Le premier ouvrage polémique parvenu jusqu'à nous — non pas absolument le premier en date — est l'admirable traité que saint Irénée intitula : Manifestation et réfutation de la fausse science.
Ce fut à l'école catéchétique d'Alexandrie que revint Phonneur de contribuer efficacement, ou plutôt d'une façon décisive, au développement et aux progrès de la littérature ecclésiastique. Les chefs de cette école, Clément d'Alexandrie en tête, consacrèrent sans réserve leur talent et leur plume à l'enseignement de la théologie. En sorte que la littérature ecclésiastique, confinée et comme absorbée jusque-là dans sa lutte contre l'infidélité ou contre l'hérésie, se fait avec eux l'écho des besoins particuliers, des besoins intimes et permanents de l'Église elle-même, s'en inspire et y répond.
Nous nous expliquerons plus au long et d'une manière plus précise, en parlant des Pères apostoliques, § 6, des Apologistes du n* siècle, § 14, des Polémistes, § 22, et de l'Ecole catéchétique d'Alexandrie, § 27.
§5. — Ecrits pseudo-apostoliques.