‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 122 sur 228 · De Viris · texte numérisé non relu

De Viris

On n'a de tout cela que les titres ou de faibles fragments d'une authenticité douteuse.

V. Doctrines. — On pourrait être tenté de croire, sur la foi du préambule des Slromate$(\\ que dans ce grand ouvrage Clément n'a fait que noter et rédiger ce qu'il avait entendu autrefois de la bouche de ses maîtres, surtout de Panlène. Mais il ne faut voir sans doute dans cette déclaration que la grande modestie de l'auteur et sa vénération pour ceux qui l'avaient formé. Clément se met plus d'une fois en opposition avec la tradition ecclésiastique en y mêlant des éléments étrangers. H croit assurer suffisamment le caractère chrétien de ses spéculations en maintenant les termes chrétiens. Sans aucun scrupule il fait entrer dans son système des thèses de la plus haute importance, empruntées à la philosophie grecque, surtout aux Stoïciens, mais aussi à Platon, assez souvent par l'intermédiaire de Philon.

En général, Clément puise trop facilement, non seulement à des sources secondaires, mais à des eaux troubles, k ces productions judéo-alexandrines qui cherchaient à prouver par des faux la prééminence intellectuelle des Juifs sur les Grecs. Aristobule, le premier en date de ces faussaires (vers 150 av. J. Ch.) f montra, dit Clément, « la philosophie péripatéticienne débitrice de la loi de Moïse et des autres prophètes (2) ». Entrant dans ces vues, Clément prétend et essaye de prouver par le menu que la philosophie grecque a emprunté à l'Ancien Testament ce qu'elle contient de vérité. Mais ce bien dérobé, les philosophes, par vaine gloire, l'ont donné pour le résultat de leurs propres recherches ; ils l'ont en outre falsifié et gâté. Le Sauveur songeait à ces plagiaires lorsqu'il parlait (3)

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