Joann. x
§ 28. — clément d'alexandiue 245
des voleurs et des larrons qui étaient venus avant lui (1). Clément nie donc la véracité des philosophes, mais maintient la vérité de la philosophie. 11 lui accorde un rôle important dans l'économie providentielle du salut; elle est le précurseur qui fraye la route à la doctrine royale (2) ; elle prépare à la perfection qui sera donnée par le Christ (3); comme la loi pour les Juifs (4), la philosophie fut pour les Grecs une pédagogie qui conduit au Christ (5).
Le chrétien même a besoin de la philosophie si de la foi il veut progresser vers la science. Distinction et analogie de la foi et de la science, de la. pistis et de la gnosis, c'est un thème favori de Clément dans les Stromates. Conformément à son plan général, il ne laisse voir sa pensée à cet égard que peu à peu. Le Pédagogue donnait à la foi les mêmes éloges que les Stromates réservent à la Gnose. C'est ainsi qu'on lit dans le premier de ces ouvrages (6) : « La foi est la perfection de la connaissance, selon ce que dit T Ecriture, que celui qui croit au Fils a la vie éternelle (7). Si donc nous, croyants, nous avons la vie, que reste-t-il qui surpasse la possession de la vie éternelle? Rien ne manque à la foi ; elle est parfaite par elle-même et suffit à tout. » Parlant du baptême, il disait dans le même ouvrage : « Ce rite est appelé de divers noms : Don, illumination, perfection, bain* 11 est appelé bain, parce que nous y sommes lavés de nos péchés ; don, puisque par son moyen il est fait rémission des peines dues à nos péchés; illumination, puisqu'il nous fait voir cette sainte et salu-