Ibid, vi
Voyant ses leçons de plus en plus suivies» même par des hérétiques ou par des païens au courant des doctrines philosophiques, Origène sentit le besoin pour lui-même d'une étude méthodique de la philosophie (1), et il se mit, probablement âgé déjà de vingt-cinq ans, à l'école d'AmmoniusSaccas, l'illustre fondateur du néo-platonisme. Sous ce maître — le néo-platonicien Porphyre, l'ennemi du christianisme, en convient (2) — , il acquit une science philosophique aussi vaste qu'approfondie. Dans sa prédilection pour les études bibliques, il voulut aussi apprend re l'hébreu ; ses connaissances philologiques toutefois restèrent toujours assez bornées.
Afin de gagner du temps pour ses études, il prit son ancien disciple Héraclas comme maître adjoint de l'école, se réservant d'achever l'instruction des catéchumènes les plus avancés. Ambroise, un autre de ses anciens élèves, employait ses grandes richesses à soutenir le maître vénéré dans ses entreprises littéraires, notamment dans ses travaux de critique biblique.
Vers Tan 212, le désir de connaître de près la très antique Eglise des Romains, comme il s'exprime lui-même (3)» conduisit Origène, pour peu de temps, en Italie. L'an 215, un général romain qui commandait en Arabie, le pria de venir le trouver pour l'instruire dans le christianisme, tâche dont Origène, au rapport d'Eusèbe (4), s'acquitta avec succès.
II. Sa vie (suite) (216-254). — La sanglante persécution que Garacalla exerça dans Alexandrie l'an 215 ou 216, obligea Origène de s'enfuir en Palestine. Les évêques Alexandre de Jérusalem et Théoctiste de Césarée le traitèrent avec la plus grande distinction'et l'invitèrent, bien