‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 131 sur 228 · Ch. tii-xv : Migsb, P. G., x · texte numérisé non relu

Ch. tii-xv : Migsb, P. G., x

le cursus studiorum. Origène commençait par la Dialectique, continuait par la physique, la géométrie et l'astronomie, pour traiter ensuite de la morale, qui « semblait, dit Grégoire, s'être incarnée dans le maître lui-même». De la morale il passait à la métaphysique, exposait tous les systèmes philosophiques et recommandait l'étude de tous les écrivains, ceux-là seuls exceptés qui nient l'existence de Dieu et la Providence. La théologie proprement dite et principalement l'exégèse biblique couronnaient l'œuvre.

Lors de la persécution de Maximin le Thrace (235-237 ou 238) Origène demeura deux ans à Césarée de Cappadoce, caché dans la maison d'une vierge chrétienne du nom de Julienne. Si les poursuites l'obligèrent à se retirer en Cappadoce, selon l'opinion communément admise, ou si la persécution le surprit comme il se trouvait déjà dans la région du Taurus, c'est chose incertaine. L'an 237 ou 238, il retourna à Césarée de Palestine et au cours des dix années suivantes, il ne fut distrait de ses occupations régulières de professeur et d'écrivain que par quelques voyages entrepris pour les intérêts de l'Eglise. Vers 240, Athènes et Nicomédie le retinrent assez longtemps. Nous le trouvons vers 244 en Arabie, où il eut le bonheur de ramener à la vérité le monarchien Berylle, évêque de Bostre. Ce fut encore en Arabie qu'il combattit plus tard avec succès la doctrine des Thnétopsychites. Pendant la paix de l'Eglise on le voit de nouveau en relations avec la famille impériale: Eusèbe (i) parle d'une lettre à Philippe l'Arabe et d'une autre à l'impératrice Sévéra, sans toutefois donner le moindre renseignement sur l'objet ou le contenu de ces lettres.

Lorsque, sous Dèce, la tempête se déchaîna de nouveau, Origène fut jeté en prison et soumis à diverses tortures, à

i. Op. c, ti, 36.

Tyr, semble-t-il, où il avait probablement déjà transft> son domicile. Il survécut à ces supplices, mais remis * liberté, il mourut peu après à Tyr, Tan 254, à l'âge : 69 ans accomplis*

m. Contre Gelse. — Des ouvrages extraordînaireme' nombreux et variés d'Origène, celui qui doit d'abord a::rer l'attention, c'est la réfutation de Celse. Le titre cor plet porte : Huit (ornes (tOrigène contre récrit de Celse r> t Uulè Discours véritable (\).

Le platonicien éclectique Gelse/ami de Lucien de Sas-> sate, avait publié vers Tan 178, sous le titre de Disw véritable, une longue diatribe contre le Christianisme. ' avait jeté à la religion nouvelle l'insulte à pleines mainstigmatisant son fondateur comme un vulgaire imposteur: imposteurs aussi les premiers disciples de Jésus, inrer teurs de tout ce qu'on raconte de merveilleux de sa vie et de ses œuvres. Gelse expliquait la prompte diffusion <i~ christianisme par l'impression que faisaient sur la multitude ignorante les vains épouvanlails du jugement à venir et du feu éternel. Celse opposait à la foi de l'Incarnation h doctrine de la transcendance divine, l'idée d'un Dieu sans action immédiate sur le monde, à la foi de la Résurrection, la doctrine de la non réalité de la matière, qui ne permet de penser qu'à l'immortalité de l'âme. On ne peut contester à Celse un vaste savoir, une profonde pénétration, une habileté consommée. Son ouvrage, dont la réfutation d'Origène nous a conservé la substance, est un riche arsenal des armes les plus acérées contre le christianisme, et jusque de nos jours on n'a pas cessé d'y recourir.

Ce fut à son corps défendant qu'Origène, sur les instances de aon ami Ambroise, entreprit de répondre à l'attaque, c Sans cesse, disait-il (2), de faux témoins se lèvent

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