Prif
contre Jésus, et aussi longtemps que la malice habitera dans le cœur de l'homme, des accusations se feront en* tendre contre lui. Pour lui, il se tait, aujourd'hui comme autrefois ; il ne répond point par des paroles, il se défend bien plus par la vie de ses vrais disciples, laquelle parle un clair langage. » Origène se décida par cette considération que « dans le nombre de ceux qui portent le nom de fidèles il peut s'en trouver qui, ébranlés et égarés par les écrits de Gel se, seront affermis dans la foi par une apologie renversant les prétentions de Celse et aidant au triomphe de la vérité (f ) ». L'auteur toutefois a aussi en vue les non-chrétiens: il écrit, comme il le déclare plus loin (2), pour ceux qui sont étrangers à la foi du Christ et pour ceux qui, selon l'expression de l'Apôtre (3), « sont encore faibles dans cette foi ».
Origène s'excuse ensuite de l'imperfection de son ouvrage. Il s'était proposé de faire d'abord un extrait du livre de Celse à son propre usage, accompagnant chaque passage d'un projet sommaire de réponse, qu'il développerait et rédigerait (4) ensuite. Arrivé à l'endroit où commence proprement la polémique de Celse, il crut préférable de se mettre aussitôt à rédiger sa réfutation ; mais « par économie de temps » , en tête de l'ouvrage, il conserva son premier travail sans y rien changer.
Le manque de proportion qui en résulte n'est pas le seul défaut. Plus d'une objection de Celse reste sans réponse ; d'autres reçoivent une réponse peu satisfaisante. On chercherait en vain un plan logique ; l'auteur se contente de suivre son adversaire pas à pas (5). La grande modération et la constante dignité du ton