‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 135 sur 228 · Migh, P. (?., xi · texte numérisé non relu

Migh, P. (?., xi

à Alexandrie (1), par conséquent avant Tan 231- Ici encore il ne nous reste malheureusement que des fragments, aj moins du texte original. Les plus remarquables sont ceux que saint Basile et saint Grégoire de Nazianze transcrivirent dans leur ouvrage commun intitulé'QpcYsvooç «slmte. composé des plus beaux endroits du grand Alexandrin. La version latine de Rufin d'Aquilée s'<est certainement permis des altérations, dans le bat d'atténuer l'hétérodoxie de certains passages; quanta la traduction de saint Jerôma, qui visait à une extrême littéralité, elle a partagé le sort de l'original.

Sur la base du symbole de l'Eglise, Origëne essaye de bâtir un système doctrinal scientifique. L'ordre suivi dans l'étude des dogmes est généralement celui du symbole même, qui se lit en tête de l'ouvrage. D'ordinaire chaque point de doctrine est d'abord énoncé brièvement, puis amplement élucidé et défendu par des considérations philosophiques, prouvé enfin par l'Ecriture Sainte. Le livre r traite principalement de Dieu et des esprits ; le II e s'étend sur le monde et l'homme, sur la restauration de l'humanité par l'Incarnation du Logos et sur sa destinée finale ; le III* étudie plus particulièrement l'essence du libre arbitre humain et les rapports de la liberté avec la grâce ; le dernier livre expose la théorie de l'auteur sur l'interprétation biblique. Sur les théories d'Origène, voir ût/hz, x-xi.

VI. Travaux de critique biblique. — Le gigantesque travail des Hexaples avait pour but de rendre visible Je rapport exact des Septante au texte original, et de fournir ainsi une base sûre pour l'exégèse savante, surtout dans la polémique avec les Juifs. Origène plaça en regard, en autant de colonnes, le texte hébreu en lettres hébraïque?» la transcription grecque du même texte, la version d'Aquila, celle de Symmaque, les Septante, enfin la ver*

i. Eus., Op. cit., vi, 24.

sïon de Théodotion. Dans le texte des Septante, l'auteur marque d'un obèle ou signe de destruction, les mots, les phrases ou membres de phrases, manquant dans l'original, tandis qu'il comble par des emprunts des autres versions, surtout de Théodotion, toutes les lacunes des Septante, ajoutes toujours annoncées par un astérisque. Aux endroits où la traduction des Septante lui parait inexacte, tantôt il la modifie d'après l'hébreu, sans avertir, tantôt, après la leçon des Septante frappée de l'obèle, il insère avec l'astérisque la leçon parallèle d'une autre version, conforme à l'hébreu. Ce fut l'origine des leçons doubles qu'on trouve depuis Origène dans le texte des Septante.

L'ouvrage prit le nom <ï Hexaples d'après les six colonnes. Celui d'Octaples serait plus juste pour certains livres de l'Ancien Testament où les six textes déjà mentionnés sont complétés par deux autres versions grecques sans nom d'auteurs, la qitinta et la sexta (1). On donna le nom de Tétraples(2) à une juxtaposition des Septante avec les trois autres versions d'Aquila, de Symmaque et de Théodotion, sans qu'on puisse décider si ces Tètraples étaient une nouvelle édition des Hexaples, diminuées des deux colonnes hébraïques, ou si c'étaient les Bexaples mêmes dans les parties où le texte hébreu faisait défaut. 11 ne semble pas que le texte complet des Hexaples se soit jamais répandu ; mais le grand nombre de copies que Ton prit de la cinquième colonne donia lieu à une recensiez particulière du texte des Septante, dite recension des Hexaples. Des autres colonnes il n'est resté, après la perte de l'exemplaire original, que des débris insignifiants (3). C'est à tort qu'on a fait honneur à Origène d'une

1. Epiph. De mens, et pond., ch. ziz : Micni. P. G., xuu, 268-209 ; Cf. Eus., Eût. ceci. y vi, 16.

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