‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 140 sur 228 · Biblioth. Cod · texte numérisé non relu

Biblioth. Cod

l'entend avec raison, de son infatigable labeur. De fait, Origène fît preuve d'une puissance de travail peut-êtrv sans exemple dans l'ancienne littérature ecclésiastique, en explorant, dès lors, lui seul, tous les domaines de la théologie.

Ce fut cet Ambroise déjà plusieurs fois nommé qui. plein d'admiration et de zèle pour le génie de son maître et ami, par ses prières instantes, décida Origène à entrer dans la carrière littéraire, surtout comme interprète des Saintes Ecritures. Ambroise plaça à ses côtés sept et parfois plus de sept sténographes, qui écrivaient à tour de rôle sous sa dictée ; il mit à sa disposition autant de copistes, avec un certain nombre de femmes calligraphies (i), qui tenaient plus ou moins lieu de l'imprimerie moderne.

Mais la profondeur et l'obscurité des Saintes Ecritures inspiraient à Origène une pieuse frayeur, qui lui fît décliner longtemps toutes les instances de son ami, et dans la suite il déclara souvent qu'il avait entrepris un ouvrage au-dessus de ses forces. Il supplie son ami de l'aider du secours de ses prières ; il a coutume d'ouvrir chaque livre de ses commentaires, chacune de ses homélies, en priant Dieu de purifier et d'éclairer son âme. La réserve avec laquelle il propose ses interprétations, donne le propre caractère à son style. Nul autre exégète peut-être ne fait un plus fréquent usage des formules discrètement dubitatives (2).

La langue manque parfois de précision et ce défaut ne saurait étonner chez [un professeur plus habitué à parler qu'à écrire : il comptait, un peu trop peut-être, sur ceux qui mettaient ses leçons par écrit. D'ordinaire, cependant, le discours coule clair et limpide : mais ce qui fatigue souvent, c'est une étude par trop minutieuse des textes,

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